mylovehair.com
Infos Mode

A la London Fashion Week, les jeunes prennent le pouvoir


Une fashion week ? Quelle fashion week ? Sur les réseaux sociaux, la semaine de la mode londonienne printemps-été 2022, qui s’est tenue en ligne du 12 au 14 juin, a été cruellement éclipsée par la grand-messe de Ferrari qui, dans un spectacle rutilant, a lancé une première collection premium de prêt-à-porter. Certes, à Londres, le programme était dépouillé de grands noms capables d’attirer les projecteurs. Mais y jeter un œil pouvait permettre de voir de jeunes créateurs faire des propositions plutôt riches, avec pour trait commun une réflexion sur l’identité.

JordanLuca.

Pour Jordan Bowen et Luca Marchetto, le duo de JordanLuca qui fabrique ses collections en Italie mais a passé les confinements outre-Manche, la saison « est tournée entièrement vers le Royaume-Uni dans toute sa complexité. On a voulu imaginer une commémoration de la Grande-Bretagne, ses contre-cultures et ses mouvements : son timbre-poste et ses skinheads, son drapeau et ses émeutes, sa rage, et surtout, sa fierté ». Cela donne un défilé énergique filmé dans une casse automobile du Kent. Entre les Renault, Dacia, Ford et Volvo fatiguées, circulent des garçons tatoués, rasés ou chevelus, vêtus d’un amusant patchwork où domine le blanc : perfecto punk, polo en tricot façon Mod’s, top pailleté, short de boxeur, néokilt et maillot de corps ceinturé. Jusqu’au manteau à traîne à l’allure royale qui emprunte le rouge vif des cabines téléphoniques de Londres.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Ferrari démarre dans la mode

Pour la Dublinoise Robyn Lynch qui a lancé sa griffe il y a trois ans, l’identité renvoie forcément à son pays. « J’avais pris du plaisir en 2020 à travailler à partir de pièces récupérées de la marque pour cyclistes Rapha et je voulais retenter l’expérience. Cette fois, j’ai pensé immédiatement à la marque de vêtements d’extérieur américaine Columbia qui fait partie de mon identité, de mon histoire. Au lycée, entre 15 et 17 ans, mes potes et moi portions tous, dans la fraîcheur de l’Irlande, des vestes Columbia, c’était quasiment notre uniforme », raconte la créatrice.

Robyn Lynch.

Pour retrouver des photos adolescentes, elle a demandé à ses amis de laisser en accès libre de vieilles images postées sur Facebook : « Elles étaient toutes en privé. Je leur ai dit : “Laissez-moi les revoir et ne leur appliquez aucun filtre !” » A partir de vieux stocks Columbia inexploités, et comme pour se reconnecter à ses années folles, elle propose du streetwear pour grand air, en édition limitée : vestes techniques logotées défaites et rattachées à de la maille torsadée ; pantalon de ski déconstruit qui devient une veste à poches et un bob. Le tout filmé dans des grottes et rochers à arpenter.

La prometteuse Priya Ahluwalia, qui bénéficie d’un favorable bouche-à-oreille depuis quelques mois, poursuit un travail sur ses racines indo-nigériannes. « Cette collection a été inspirée par les cheveux afro et caribéens, et les années 1970 où le cheveu a joué un rôle symbolique dans l’émancipation des Noirs aux Etats-Unis et au Royaume-Uni. Je voulais honorer cette période », relate celle qui a remporté le 14 juin le prix de mode masculine BFC/GQ, doté d’une bourse de 150 000 livres (174 000 euros).

Priya Ahluwalia.

Sa vidéo, courte et soignée, met en lumière la beauté des coiffures de mannequins noirs ou métisses dont les jeux de tressage se déclinent aussi en écho sur les imprimés. Très graphique et baignée de couleurs chaudes, sa collection a le mérite d’être facile à porter, avec des sweat-shirts confortables, des chemises à manches courtes, des vestes en denim, relevés de foulards et de sacs Mulberry, maroquinier avec qui elle signe une collaboration.

Enfin, Bethany Williams continue pour l’été prochain de collaborer avec The Magpie Project, organisation à qui elle reverse 20 % de ses profits et qui vient en aide aux femmes et enfants sans domicile fixe ou risquant de perdre leur logement. Cette saison, c’est le lien maternel qui l’a inspirée. A partir de cinq histoires, lues par les femmes aidées par l’association à leurs enfants avant de dormir, elle tire des mailles bigarrées en laine récupérée, des vestes et manteaux frangés, où crochet, broderie et tricot vont bon train. Manière de souligner, par sa mode humaine, que l’identité ne se résume pas à un statut précaire auquel la société peut vous assigner. Mais a aussi à voir avec l’éducation, et les narrations qu’on transmet.

Bethany Williams.
Lire aussi Epique fashion week à Londres



Source link

Autres articles

De Jean-Paul Belmondo à Diane Keaton, des chemises aux traits de caractère

info mode

le casse – tête des marques et détaillants

info mode

six actualités mode à connaître

info mode

“Entre judo et danse”, la tonte des brebis alimente l’économie locale dans les Cévennes

info mode

CHARMING utilise la technologie numérique comme moteur de création d’étiquettes et d’emballages durables

info mode

Dario Argento, le maître de l’horreur italien, se lance dans la mode

info mode