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A la Milan Fashion Week, Fendi, Alberta Ferretti et Dolce & Gabbana ont défilé… pour de vrai


A quoi bon maintenir un défilé s’il n’y a personne pour y assister ? Cette question, c’est celle que se posent les marques de mode inscrites au calendrier de la Fashion Week printemps-été 2021 de Milan, qui s’est ouverte mercredi 23 septembre. En raison de la pandémie de Covid-19 et des restrictions concernant les déplacements à l’international, il était déjà acté que les professionnels asiatiques, américains, allemands et britanniques ne seraient pas de la partie. Mardi 22 est entrée en vigueur une réglementation qui a eu raison des dernières velléités des étrangers, et notamment des Français : désormais, quiconque veut fouler le sol italien doit être muni d’un test PCR négatif datant de moins de soixante-douze heures ou accepter d’être testé à l’atterrissage, avec la menace de devoir effectuer sept jours de quarantaine sur place. L’espoir d’un retour à la normale, nourri par une industrie violemment frappée par la crise, a été balayé. Ce qui n’a pas empêché plusieurs marques d’organiser un défilé en vrai.

Fendi, printemps-été 2021.

Tandis que les marques du groupe Kering (Gucci et Bottega Veneta) ont annulé leur participation à la fashion week, Fendi, propriété du concurrent LVMH, a convié quelque 130 invités via Solari, dans ses locaux milanais. Cette collection est importante, car c’est la dernière que la créatrice Silvia Fendi signe seule : dès la saison prochaine, elle sera en duo avec Kim Jones, l’actuel directeur artistique de Dior Men (également propriété de LVMH), qui sera à cheval entre les deux maisons.

Devant les yeux de son futur partenaire, installé au premier rang, la petite-fille des fondateurs de la griffe romaine a proposé une vision assez nostalgique du vêtement, comme « un patchwork de souvenirs, du temps passé en famille ». L’ambiance fait écho à ce sentiment, avec de grands rideaux blancs tendus aux murs et gonflés par le vent (enfin, la ventilation) où se découpent en ombres chinoises des fenêtres ouvertes, des arbres, et des oiseaux dans le ciel. La métaphore de la fenêtre est filée aussi dans les vêtements.

Son ombre devient un imprimé donnant vie à une robe coquille d’œuf ; ce même imprimé gagne une robe chemise transparente portée par-dessus une combinaison azur qui évoque le ciel. Un manteau en cuir tressé où le motif rappelle le « cannage » emblématique de Dior permet de créer un jeu d’ombres. Un autre couleur chocolat semble plongé dans un clair-obscur avec une tache de lumière éclairant sa moitié droite (en fait, un subtil jeu de patine permet de dégrader les couleurs).

On croise aussi beaucoup de silhouettes d’un blanc éclatant, parfois délicatement brodées, qui évoquent le linge de maison et résonnent avec la mise en scène. Silvia Fendi plonge son audience dans un univers domestique, celui de sa famille, mais aussi celui du confinement. La dernière mannequin arrive enroulée dans une couette. Dans la vidéo permettant de suivre en direct le défilé, l’ultime image est un plan fixe sur les rideaux derrière lesquels se découpent des fenêtres ouvertes sur un jardin baigné de lumière, inaccessibles.

Alberta Ferretti, printemps été 2021.

Défilé « présentiel » aussi pour Alberta Ferretti, qui a convié les rescapés de la fashion week dans la cour du château des Sforza, forteresse du XVe siècle située au centre de la ville. Sa collection printemps-été 2021 est une démonstration de cet « ethno-romantisme » dont elle a le secret : les blouses à manches gigot et les chemisiers en dentelle anglaise se mêlent aux sahariennes, aux sacs frangés et aux longues robes de princesses du désert, dans une gamme de couleurs quasi minérale (sable, écru, terre cuite…). Heureusement, la modernité des coupes permet d’éviter le double écueil qui menace, folklore exotique d’une part, romantisme chichiteux de l’autre.

Dolce & Gabbana, printemps été 2021

Les créateurs Dolce & Gabbana sont, eux, fidèles à leurs habitudes. Primo, ils ont organisé un défilé physique au Metropol, l’ancien cinéma milanais qui abrite les locaux de la marque. Secundo, ils ont présenté une collection fleuve de 98 looks. Tertio, ils se sont inspirés de la Sicile, leur thème d’aujourd’hui, d’hier et sans doute de demain. La collection, intitulée « Patchwork di Sicilia », est un collage sans fin de références locales. « Etant donné notre longue histoire créative avec la Sicile, nous avons voulu célébrer la richesse de ce que l’on peut trouver sur cette île, la variété des peuples et des cultures qui l’ont nourrie, des Espagnols aux Arabes, des Normands aux Français, dixit Domenico Dolce dans une interview de présentation filmée. On a tout réuni et assemblé dans les vêtements ; on a créé des combinaisons de matières, d’atmosphères, de couleurs en mélangeant brocarts, popeline, crêpe georgette, mousseline… »

Dans un esprit « luxe durable », les designers ont utilisé les tissus dont ils disposaient déjà plutôt que de relancer des productions. Ainsi, on retrouve la totalité des éléments de leur vocabulaire, assemblés tous azimuts : imprimés fauves et fleuris, motifs de mosaïque et d’agrumes, brocarts métalliques empruntés aux costumes historiques… Evidemment, l’effet patchwork renvoie instantanément aux années 1970, ce qu’accentuent certaines coupes, comme les blouses nouées et les pantalons pattes d’éléphant, surtout lorsqu’ils sont portés avec des turbans. Mais en plus de sillonner l’île, on a l’impression de voyager dans le temps : robes bustiers et jupes à godets évoquant les années 1950, minijupes et robes trois trous venues des sixties, sweat-shirts et microshorts rappelant la décennie 1980… L’épopée sicilienne se confond avec une plongée dans l’histoire des créateurs – un vrai « patchwork di Dolce & Gabbana ». Et les créateurs d’insister sur la dimension métaphorique de tout ça, la beauté du brassage, la magie de la rencontre des cultures… Bref, après We Are the World, We Are Sicilia.

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