mylovehair.com
Infos Mode

A Londres, leçons de mode et d’histoires anglaises


Vivienne Westwood.

Redécouvrir l’histoire anglaise, l’éclairer autrement en mettant en lumière des figures créatives oubliées : la tendance, en pleine vogue dans la production éditoriale, saisit aussi la mode.

A Londres, cette saison, Vivienne Westwood, qui crée avec son mari, Andreas Kronthaler, réhabilite le couturier John Redfern (1820-1895), tombé en désuétude, auquel elle emprunte les vestes marquées au cordeau. Elle les rehausse de références maritimes, davantage pirates que gentlemen en bord de mer. Et de codes typiquement westwoodiens : tartan, pied-de-poule, chapeaux.

Erdem

Erdem Moralioglu rend, lui, hommage à Edith Sitwell et à Ottoline Morrell, deux poétesses parfois éclipsées dans les récits littéraires par leurs pairs masculins, T. S. Eliot ou D. H. Lawrence. Sous les colonnades du British Museum, en fin d’après-midi, le créateur, qui fête les quinze ans de son label, mélange le trench boutonné de la première et les chapeaux satinés de la seconde, des imprimés botaniques et des broderies de strass, des jupes plissées et des gants d’opéra, portés par des modèles coiffées d’une longue tresse tombant aux genoux, dans un exercice romantique et un brin décadent, d’une noble délicatesse.

Simone Rocha

De cette alliance entre extrême finesse et clins d’œil grinçants, Simone Rocha est passée maîtresse. Elle reçoit en l’église élisabéthaine Saint-Bartholomé, avec ses habituelles vestales aux cheveux détrempés, en robes brodées, perlées, virginales. Elle leur ajoute des chaussures à plates-formes années 1990, mais aussi des maxi-perfectos et des manteaux vernis rouge sang, conjuguant des silhouettes victoriennes à des pièces contemporaines au sous-texte punk ou rock.

Edward Crutchley

Edward Crutchley, enfin, s’est plongé trois siècles en arrière, dans le Londres des années 1720. Les notes du défilé renvoient à une archive trouvée dans le Weekly Journal du 5 octobre 1728, la condamnation pour travestissement et « péché détestable de sodomie » d’une poignée d’hommes réunis chez un certain Jonathan Muff, « alias Miss Muff », note la brève. Cette anecdote lui inspire une collection queer, grise, noire et mordorée, à partir de tissus chatoyants. Robe bouffante XVIIIe en brocart, gilet feuillu en jersey de soie, pull en mohair brossé, soutien-gorge en Lurex… Façon de rappeler que le passé, aussi, aspirait à déconstruire genres et préconçus. Et que le vêtement peut, trois cents ans plus tard, rester l’arme adéquate pour poursuivre cette mission.

Lire aussi Londres Fashion week : après l’écran, le défilé devient spectacle vivant
Lire aussi « L’excitation et l’adrénaline sont de retour ! » : New York Fashion Week, la résiliente



Source link

Autres articles

Eram déploie l’économie circulaire

info mode

L’enseigne Walmart lance sa propre marque de vêtements

info mode

Asphalte prend de l’avance sur la loi Climat et affiche désormais le score environnemental de tous ses produits

info mode

Le glamour disco de Fendi ouvre la semaine de la mode à Milan

info mode

des cours pour reconnaître les contrefaçons de produits de luxe

info mode

le souk de l’or de Dubaï brille à nouveau

info mode