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À Montbron, un site Hermès redonne vie au territoire


Montbron (France) – Après le “naufrage”, une bouffée
d’oxygène : au pays de la charentaise, Montbron, bourg rural délaissé par ses
fleurons du textile et du chausson, a repris vie grâce à l’arrivée il y a 10
ans d’Hermès, le champion international du luxe Made in France.

Dans un bâtiment de bois et pierre blonde de Charente, munis de marteaux et
d’aiguilles, les 260 artisans de la Maroquinerie de la Tardoire cousent,
tapotent, astiquent les pièces de peau qui donneront vie aux portefeuilles et
sacs de l’enseigne à la calèche.

“On fait nos pièces de A à Z, c’est glorifiant, ce n’est pas un travail
d’usine”, confie Isabelle Cassard, 49 ans, dans l’un des 8 ateliers avec vue
imprenable sur la campagne et ses paisibles voisines, les vaches limousines.
Ici, le contraste avec la désindustrialisation française que combattent les
candidats à l’Elyséee est saisissant.

Formation “maison”

Comme cette ancienne responsable de rayon à Intermarché, les
artisans-maroquiniers ont suivi une formation “maison” exigeante de 18 mois
pour apprendre à maîtriser les savoir-faire Hermès avant d’être en capacité de
confectionner les sacs en autonomie. Spécificité de la maison, les
recrutements se font sans critères d’âge, ni d’expérience, majoritairement
parmi des personnes en reconversion, guidées par l’envie de faire “du beau”.

En posant ses bagages de luxe à Montbron en 2012, Hermès a recruté au total
280 salariés, la plupart dans le bassin d’emploi proche et à Angoulême, pour
compléter son pôle Sud-Ouest qui compte deux autres sites à Nontron (Dordogne)
et Saint-Junien (Haute-Vienne).

“Ce que la mondialisation nous a pris, elle nous l’a rendu dans un deuxième
temps. En cinq ans, on a quasiment compensé les 300 emplois perdus depuis les
années 90 dans le textile et les charentaises”, résume avec fierté Gwenhaël
François, éleveur de vaches limousines et maire macroniste de ce bourg de
2 100 âmes, à 30 km d’Angoulême. Le salaire des artisans – jamais divulgué – y
dépasse le smic et peut atteindre un 16e mois, en comptant primes et
intéressements. “Bien mieux que le textile”, assure l’élu depuis 2004.

Selon la Chambre de commerce et d’industrie de Charente, le secteur de la
“fabrication d’articles de voyage, de maroquinerie et de sellerie” était en
2020 le premier employeur privé de l’intercommunalité, quand la fabrication de
chaussures fournissait encore l’essentiel des emplois en 2010.

“Planche de salut”

Même si la charentaise renaît peu à peu au sein de petites entités, le
territoire a été marqué au fer rouge par la déconfiture de ses fleurons, des
chaussons du bassin de La Rochefoucauld aux tricots Angel Moreau et aux
couvertures Toison d’Or. Bricq (textiles techniques) qui avait employé jusqu’à
400 salariés n’en compte plus que quelques dizaines. “La commune voyait sa
jeunesse s’en aller et devenait tout doucement un village-dortoir”, dit son
maire.

“C’était un naufrage industriel, et Hermès est devenu une planche de
salut”, affirme son prédécesseur, ex-sénateur et ancien président socialiste
du département, Michel Boutant, l’un des promoteurs de l’implantation du site.
“Si au final très peu de nos artisans sont issus des anciennes industries
du textile ou du chaussant, le groupe est sensible aux traditions
manufacturières et artisanales d’un territoire. Au-delà de l’empreinte,
l’exigence de qualité de ces métiers reste”, souligne Emmanuel Pommier,
directeur général du pôle artisanal Hermès Maroquinerie-Sellerie.

Avec son modèle d’entreprise artisanale “ancré dans les territoires”,
Hermès compte plus de 4 000 artisans selliers-maroquiniers répartis dans 19
ateliers en France et vise 600 nouveaux recrutements en 2022, dont 70 sur le
pôle sud-ouest, pour répondre à une demande internationale galopante. Cet
automne, Montbron sera doté, comme les autres pôles, de sa propre école de
formation qui délivrera un CAP maroquinerie.

Encore une bonne nouvelle pour Montbron, où le maire ambitionne de rénover
20 meublés pour accueillir les nouveaux venus. À l’arrivée de Hermès et d’une
trentaine de nouvelles familles, deux classes ont rouvert dans l’école – elle
en perdait une tous les 4 ans. De nouveaux commerces de bouches et des
artisans d’art ont fleuri avec le soutien de la municipalité, qui rachète et
rénove des bâtisses décrépies.

“On a vu des maisons se rénover avec des volets ouverts au lieu d’être
fermés”, confirme Annabelle Fontanges, artisan chez Hermès.
“Tout n’est pas réglé”, mais pour le maire, une chose est sûre, “on ne nous
voit plus pareil”. (AFP)



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