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A Nantes, la mode s’expose sous l’éclairage des Lumières


Par Sophie Abriat

Publié aujourd’hui à 07h00

Robe à l’anglaise (vers 1780-1785).

Fin novembre, quand nous les rencontrons à quelques jours de l’ouverture de l’exposition, Angélique Illiet et Delphine De Trégomain, régisseuses de collection du Palais Galliera, sont sur le pied de guerre, en pleine opération de « mannequinage ». Dans le jargon muséal, cela consiste à créer un mannequin parfaitement adapté aux formes et à l’allure de celui ou de celle qui a porté la tenue autrefois. Un travail de reconstitution historique, mais aussi un geste de conservation.

« Les pièces vont rester exposées plusieurs mois, il faut donc bien répartir le poids du vêtement sur l’ensemble de la structure et s’assurer qu’il n’y ait aucune tension susceptible d’abîmer les fibres », expliquent les deux spécialistes, en positionnant une « robe volante » du XVIIIsiècle en lampas de soie sur un de leurs mannequins entièrement confectionné à la main, étoffé avec de la ouate, des jupons de toile, des cascades de tulle et des morceaux de crin.

Revêtues de leurs habits, ces « silhouettes du dessous », parfaitement exécutées, et dont l’allure dépouillée ne manque pas de charme, sont invisibles aux yeux des visiteurs venus ­nombreux découvrir l’exposition – dès l’ouverture, on comptabilisait près de 1 000 entrées par jour.

« Toute notre mission était de faire en sorte que les costumes ne soient pas subordonnés au discours des beaux-arts mais traités d’égal à égal avec les tableaux. » Adeline Collange-Perugi, conservatrice

C’est la première fois que le Musée d’arts de Nantes, en collaboration avec le Palais Galliera, Musée de la mode de la Ville de Paris, met en vis-à-vis des pièces textiles et des œuvres picturales, croisant les influences réciproques entre le monde artistique et celui de la mode au XVIIIsiècle. « Toute notre mission était de faire en sorte que les costumes ne soient pas subordonnés au discours des beaux-arts mais traités d’égal à égal avec les tableaux », fait valoir Adeline Collange-Perugi, conservatrice responsable des collections d’art ancien au musée nantais, qui assure le commissariat de l’exposition avec Pascale Gorguet Ballesteros, conservatrice en cheffe, responsable du département mode XVIIIsiècle et poupées au Palais Galliera. Toutes deux se réjouissent de l’intérêt que suscite l’exposition. Car, sur le papier, rien n’était gagné.

« Le XVIIIsiècle est encore trop souvent considéré comme un moment d’histoire poussiéreux, sentant la naphtaline. Quant à la mode de l’époque, on a tendance à la résumer à Mademoiselle Bertin, la “ministre des modes” de Marie-Antoinette », avance Pascale Gorguet Ballesteros. Ensemble, elles ont passé plus de deux ans à concevoir ce projet à haut niveau d’érudition, qui réunit pas moins de 200 pièces – peintures et costumes confondus.

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