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À Saint-Etienne, une exposition retrace l’histoire des dessous


Saint-Étienne – Sublimer, cacher ou soulager les corps :
le musée d’art et d’industrie de Saint-Etienne retrace l’histoire des
sous-vêtements, un chassé croisé entre avancées techniques et évolutions
sociétales qui explore les emplois du ruban, savoir-faire stéphanois
emblématique.

De l’Ordre de la Jarretière fondé en 1348 à un affriolant peignoir en
macramé de rubans rouges imaginé par la maison Franck Sorbier, l’exposition
propose un voyage à travers le temps, les mœurs et les rapports entre sexes.
Des carcans qui enferment aux matières qui libèrent, le parcours revisite
les changements au sein d’un vestiaire de l’intime porté par des rubans tantôt
censeurs tantôt aguicheurs. D’un modèle à l’autre, nouvelle époque; le corset
se fait guêpière et s’érotise, en laissant respirer les formes.

Les visiteurs en corsets

Pour les nostalgiques, une cabine d’essayage permet aux visiteurs d’enfiler
ces chefs d’oeuvre de compression enrubannée et d’en saisir les contraintes.
L’entre deux-guerre finit de dissocier les dessous féminins : en haut, le
soutien-gorge se démocratise, tandis qu’en bas, la fibre latex permet la
révolution de la gaine. La rubanerie devient un art industriel, au service de
la femme.

Suivent le lycra en 1959, et le collant Dim en 1964, qui rendent obsolètes
les portes-jarretelles et permettent le sacre de la mini-jupe.
La créatrice Chantal Thomass, marraine de l’exposition, remet la lingerie
sur les podiums des défilés dans les années 1980 quand chez Jean-Paul Gaultier
les dessous passent au-dessus.

Les rubaneries, présentes à Saint-Etienne dès le XVIème siècle grâce à
l’essor de la soierie lyonnaise, se sont depuis réinventées en se tournant
vers le médical et le sport promu par la société des loisirs. Gibaud dépose sa
ceinture de flanelle “reins au chaud” et Thuasne, devient un leader
international dans la contention et l’orthopédie.

“Aujourd’hui encore, 60 pour cent de la production nationale de rubans de santé est
réalisée dans la région”, affirme Sylvain Besson, commissaire scientifique de
l’exposition.

Dans la dernière partie des collections présentées, la réflexion sur le
genre affleure. On y croise les binders, des brassières compressives vendues
en ligne qui donnent l’illusion d’un torse plat, ou le string qui cherche
encore sa place dans la penderie masculine, introduit par la communauté gay.

“Les sous-vêtements, un temps très sexués, marquaient les différences
anatomiques en concrétisant le genre”, explique Sylvain Bois, commissaire
général. “Désormais, ils sont un miroir de la personnalité, autant que les
vêtements”, poursuit-il, en prenant l’exemple des “boxers qui dépassent du
pantalon et dont la marque s’affiche sur le ruban élastique”.
“Les rubans de l’intime”, à voir jusqu’au 14 novembre. (AFP)



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