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Adrian Appiolaza, l’Internet explorateur de vêtements


Adrian Appiolaza chez lui, à Paris, le 8 juillet, équipé de lunettes Walter Van Beirendonck.

Au quatrième étage, dans le vaste appartement parisien d’Adrian Appiolaza, à deux pas de la gare du Nord, l’accueil est assuré par Bimbo, Nena et Panchita, ses bouledogues qui tournent aux pieds des visiteurs, truffes écrasées et langues pendantes. Avant de filer ronfler à la cuisine, ils regardent, hagards, le propriétaire et son compagnon, Ryan, enfiler des tenues vintage sur des bustes de couture Stockman.

Au milieu des années 1970, à Buenos Aires, « j’adorais habiller les poupées de mes sœurs à partir de tissus découpés dans les vieux habits de ma grand-mère », raconte Adrian. Une bonne quarantaine d’années plus tard, c’est à Bianca, Javier et Kristen, ses mannequins sans tête affublés de prénoms, qu’il fait essayer des centaines de trouvailles griffées.

« Aujourd’hui, tant de nouveaux habits sont pensés et conçus comme des produits. Or, le vêtement a une valeur sentimentale qui m’est précieuse. » Adrian Appiolaza

Du Yohji Yamamoto, du Comme des Garçons, du Jean Paul Gaultier et du Martin Margiela, mais aussi du Vivienne Westwood ou du Issey Miyake. Tout un déluge de pièces qui cible essentiellement la fin des années 1980 et la décennie 1990. « J’aime vivre entouré par des choses qui ont une âme. Aujourd’hui, tant de nouveaux habits sont pensés et conçus comme des produits. Or, le vêtement a une valeur sentimentale qui m’est précieuse. Le passé, l’histoire derrière chacun est importante, comme pour un tableau de Picasso », confie le quadragénaire, assis dans un voluptueux canapé orange Mario Bellini de 1972 et vêtu d’un large pantalon bordeaux Comme des Garçons automne-hiver 1986, les mains, les bras, le cou et le crâne dévorés de tatouages réalisés au fil d’épreuves traversées, façon journal intime codé.

Du pouce il fait défiler sur son smartphone des pages et des pages, à la recherche d’une pièce excitante ou convoitée : depuis plusieurs années, le geste lui revient, le soir, le week-end, à la pause déjeuner. « Scroller ainsi est devenu une drogue : à chaque fois, tu te dis “allez, encore une dernière page !” Puis une autre, et une autre… Et le samedi est passé. » L’absorbent eBay, le site de vintage japonais Buyee, et d’autres plateformes dont il tait malicieusement le nom afin qu’elles demeurent l’apanage des initiés.

« Quelquefois, avec Ryan, on revêt une tenue juste pour aller au supermarché. » Adrian Appiolaza

Son réseau compte aussi des revendeurs privés. Au Japon, où il est plus aisé de dénicher du « Yohji » et du « Comme ». Ou en Italie, car « beaucoup de dames s’étaient entichées de Margiela autrefois et se séparent de leur garde-robe aujourd’hui », explique-t-il, en montrant une jupe virginale de l’été 1990 que lui a envoyée une certaine Manola depuis Bologne : « Elle devait la porter à son mariage qui n’a jamais eu lieu et a accepté de me la confier après avoir vu mon Instagram », une page où l’Argentin documente avec soin sa collection (@adrianappiolaza).

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