mylovehair.com
Infos Mode

au cœur de la matière


C’est le genre de problème technique qui peut donner des sueurs froides aux plus aguerris des PDG, en période de fashion week. Lundi 4 octobre au soir, les réseaux sociaux Instagram et Facebook ont cessé de fonctionner pendant plusieurs heures. Mardi 5 octobre, les choses étaient rentrées dans l’ordre pour le défilé Chanel de 10 heures, au plus grand soulagement de Bruno Pavlovsky, président des activités mode de la maison : « On voit bien le rôle des réseaux sociaux aujourd’hui, cela donne une amplification bien plus grande à ce que nous faisons. Je me suis rassuré en me disant que nous serions présents sur Chanel.com, même si cela n’a pas la même puissance. »

Chanel.

C’est dans le Grand Palais éphémère du Champ-de-Mars que Virginie Viard a présenté sa collection printemps-été 2022, sur un podium dominant l’assemblée, les photographes étant placés tout autour, avec le duo de photographes Inez & Vinoodh en bout de podium, rappelant les défilés d’antan. « J’adorais le son des flashs qui crépitaient lors des shows dans les années 1980, quand les mannequins défilaient sur un podium surélevé. J’ai eu envie de retrouver cette émotion », détaille la directrice artistique de Chanel dans sa note d’intention.

La collection joyeuse, emmenée par des mannequins souriantes, convoque le plein été : maillots de bain brassières et grands cabas, jupons en tulle portés par-dessus des bodys, grandes vestes amples portées à la même la peau ou petits ensembles en maille rose savamment accessoirisés de bijoux fantaisie. Les explorations de la matière donnent à voir la richesse du vocabulaire de la maison. Les maillots de bain sont gansés de fils dorés, les vestes et les robes courtes sont rebrodées à la manière de crochets, le tweed des vestes est paré de sequins multicolores, des manches en perles accompagnent des marinières boutonnées quand la maille des jupes et des pull-overs courts est travaillée selon différents points.

Maison Margiela.

Chez Maison Margiela, il n’est pas une texture que John Galliano n’explore. Du denim des trench-coats à la laine des bérets, de la soie d’un slip au daim d’un sac, du bois des semelles des sabots au mouton retourné d’un gilet, jusqu’aux broderies sur les mailles, aux plumes piquées sur les manteaux, aux envolées de tulle, au carton des couronnes et à la céramique brisée pour en faire des bijoux… Certaines matières ont été « essorées », passées par des délavements et traitements pour leur conférer une patine plus marquée. Tout cet attirail se dévoile en vidéo sur des jeunes gens maquillés s’amusant à manier la canne à pêche, écouter de la pop, jouer à pierre-feuille-ciseaux. « Une jeunesse utopique », explique la note d’intention, sensible à la nature et aux conditions humaines.

Olivier Theyskens

Présentées dans l’entrée du Palais Galliera, les 22 superbes robes fuselées en patchwork de tissus récupérés imaginées par Olivier Theyskens privilégient la finesse parfois transparente du satin, de la soie ou de la dentelle, réveillés d’un effet froissé. A l’inverse, c’est l’increvable et épaisse toile de coton noire, blanche et grise qui domine chez Ann Demeulemeester, pour de romantiques silhouettes amples et entêtantes, à la Patti Smith, relevées de jeux de liens et chargées de fleurs fraîches dans les poches arrière.

Vivienne Westwood.

Chez Vivienne Westwood, où explosent tailleur, bottes XXXL satinées, robes improvisées et esprit pyjama, c’est aussi là où la matière est absente qui compte. Le directeur artistique, Andreas Kronthaler peut envoyer un mannequin, la tête enturbannée, en costume croisé noir couvrant qui, lorsqu’on le regarde de dos, dévoile un ajour dans son pantalon, pile au niveau de la fesse gauche !

Stella McCartney.

Stella McCartney, qui a décidé de présenter sa collection sous la forme d’un défilé il y a seulement dix jours, s’est quant à elle tournée vers… le champignon. « Vous avez vu le film Fantastic Fungi sur le pouvoir des champignons ? Regardez-le, c’est mon cadeau pour vous ! » confie-t-elle en coulisse à une poignée de journalistes amusés. Une recommandation surprenante qui s’exprime à travers un imprimé champignon façon toile de Jouy sur des robes fendues très estivales ou un autre très psychédélique sur une robe à la découpe suggestive.

La créatrice anglaise a également inauguré le premier sac en mycélium de champignon à être présenté sur un podium. « Les champignons sont produits en laboratoire, ils ne consomment pas d’eau et presque pas d’électricité. Ils sont ensuite compressés pour créer du faux cuir. » Elle travaille sur ce projet avec le laboratoire Bolt Threads depuis 2017.

Schiaparelli.

Chez Schiaparelli, l’humeur est tout aussi facétieuse. Mais c’est vers un autre genre de matière que Daniel Roseberry s’est tourné. Ici, le spectaculaire passe par les empiècements en métal doré incrustés dans les ceintures corsets reprenant la forme d’une oreille, les boutons des longs manteaux du soir en forme d’yeux, les mamelons dorés placés au niveau de la poitrine sur des vestes en sequins ou bien encore un sensationnel collier plastron moulé à partir des abdominaux d’un mannequin, à porter à même la peau, sous une veste de tailleur. « L’idée de la collection était de réinventer les classiques, le manteau, la robe du soir, la chemise blanche, le T-shirt, mais de leur ajouter une autre dimension, plus humoristique et grandiloquente », commente Daniel Roseberry.

Lacoste.

Louise Trotter chez Lacoste a, elle, conjugué le plus de sports possibles dans sa nouvelle collection. « Je fais de plus en plus de vélo en ville, et cela m’a amenée à me rendre compte que la pratique sportive était partout. Les codes sportifs forment une culture. Je les ai donc incorporés dans la collection basketball, baseball, tennis, golf pour qu’ils deviennent presque un seul et même uniforme. » En résulte un clash de matières techniques, du caoutchouc des jupes plissées à la résille des vestes en passant par la maille des polos et des shorts longs. Elles fusionnent souvent sur une seule et même pièce, créant un effet d’optique à la modernité assumée.

Miu Miu.

Fidèle à son lieu de prédilection, le Conseil économique et social de la place Iéna, Miuccia Prada a présenté une collection articulée autour des basiques du vestiaire. Mais chez Miu Miu, le classique ne l’est jamais vraiment. Les trench-coats sont coupés bords-francs, laissant échapper des fils de coton, les tailleurs-jupes sont brodés de fleurs en satin drapé ou de sequins brillants, les chemises et les vestes sont raccourcies à l’extrême, se terminant sous la poitrine. Délavés, les pulls en maille torsadée se portent amples tandis que le coton de la lingerie s’échappe des jupes portées taille basse. Le classique n’a jamais été aussi peu banal.

Louis Vuitton.

Enfin, Louis Vuitton a proposé une collection grandiose, au sein de trois galeries de la cour carrée du Louvre. Comme le détaille la note d’intention, ses prémices viennent de la série à venir Irma Vep avec l’actrice suédoise – et égérie maison – Alicia Vikander, pour laquelle le créateur a imaginé des costumes. La série s’inspire elle-même du tout premier feuilleton du cinéma muet, Les Vampires, réalisé par Louis Feuillade en 1915.

« Dans cette série du début du XXe siècle, il y a un bal. J’ai continué vers le bal et la fantasmagorie qu’il implique. Le cérémonial, les intrigues, les regards obliques, les chuchotements, le trouble sensuel », raconte Nicolas Ghesquière. Ici, la féerie est partout. Dans les grands jupons aux hanches démesurées, dans les robes en dentelles ponctuées de résille, ou bien encore dans les jeans accompagnés des petites vestes spencer desquelles s’échappent des pans de dentelle.

Cuir lisse des manteaux longs, broderies des petites robes, velours des capes et jupes longues et vaporeuses, laine bouclée des jupes… les assemblages de matières accentuent l’effet grandiloquent de l’ensemble. Nicolas Ghesquière continue de conceptualiser la mode. Et il le fait bien.

Lire aussi Shang Xia, le Hermès chinois, défile pour la première fois à Paris
Lire aussi Paris Fashion Week : l’hommage à Alber Elbaz



Source link

Autres articles

la Fashion Week de Milan revient en présentiel

info mode

L’accord sur la sécurité au Bangladesh est étendu et prolongé

info mode

La Financière immobilière bordelaise rachète Camaïeu 

info mode

Lingerie Scandale : le nouveau départ

info mode

La marque de mode de Rihanna déçoit-elle ?

info mode

Cinq marques de luxe figurent dans le Top 10 du classement Brand Finance 150 2021

info mode