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« Avant d’être un vêtement, la haute couture est une expérience »


Demna Gvasalia à Paris, en mai 2021.

Le rendez-vous est donné au George V. La brasserie parisienne ne peut pas avoir été choisie pour sa décoration. Papier peint « bibliothèque » en trompe-l’œil, banquettes en skaï et lustre à pampilles n’ont ni le charme du vintage ni l’attrait de la modernité. « Monsieur Balenciaga venait ici », explique Demna Gvasalia. Au visage réjoui qu’il affiche, on sent que le directeur artistique de Balenciaga (groupe Kering) est heureux de perpétuer la tradition. De l’autre côté de l’avenue, au numéro 10, se trouvent les salons haute couture historiques. Derrière, avenue Marceau, l’église dans laquelle Cristobal Balenciaga, fervent catholique, se rendait régulièrement. A mi-chemin, le grand couturier s’arrêtait ici pour prendre son café.

Le jour de l’interview, impossible de voir les salons haute couture, « pas tout à fait finis », ni d’assister aux tests de lumière pensée pour le défilé du 7 juillet. Il faut que tout soit parfait. Cet espace de 185 m2, répartis en un large hall d’entrée qui dessert une salle de réception entourée de deux petits salons et de cabines d’essayages, est situé juste au-dessus de la boutique de l’avenue George-V. Il n’a pas reçu de visiteurs depuis 1968, date de la fermeture de la maison de couture par Cristobal Balenciaga lui-même qui, alors âgé de 73 ans, fatigué par une carrière commencée à 12 ans comme apprenti tailleur au Pays basque espagnol, avait préféré renoncer à exercer son métier plutôt que de céder aux sirènes d’une époque qu’il ne comprenait plus et au prêt-à-porter qui commençait à l’habiller.

Ces dernières années, donc, les salons de Balenciaga servaient à entreposer… essentiellement des baskets. Demna Gvasalia a décidé de les restaurer non pas à l’identique mais de telle sorte que lorsque les invités y pénétreront le 7 juillet, ils aient l’impression d’ouvrir une porte restée close pendant cinquante-trois ans. Avec tous les effets du temps sur les tentures, les peintures, les parquets. Rideaux blanchis par le soleil, murs et huisseries décatis.

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Cette idée du temps, celui qui passe, celui qu’on prend, est fondamentale pour le directeur de la création aux manettes de la mode Balenciaga depuis 2015. Et selon lui, la haute couture est le dernier espace de liberté pour un créateur. Car, contrairement à un styliste de prêt-à-porter, « un couturier ne réfléchit pas en termes de prix d’entrée. Tout ce qui l’occupe est de faire un vêtement unique, pour une personne unique. Un vêtement écologique et moderne par essence puisqu’on ne produit pas ce qu’on ne vend pas », répond Demna Gvasalia quand on lui demande si relancer cette activité en 2021 n’est pas anachronique. Il a aussi prévu de ne proposer qu’une seule collection de haute couture par an, et de faire défiler de l’homme dans ce format glamour et ultraluxe d’ordinaire réservé à la femme.

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