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Bleu de chauffe, au cuir de l’Aveyron


Au centre : Une des couturières dont l'atelier jouit d'une vue sur le viaduc. Usine Bleu de Chauffe, à St Georges de Luzençon, en Aveyron, le 3 août 2020.

Photo Mary Gaudin pour M Le magazine du Monde

Par Marie Godfrain

Publié aujourd’hui à 20h30

Par une journée brumeuse de décembre 2004, il a surgi aux yeux de la France entre les plateaux et vallons reliant le causse Rouge et celui du Larzac. Le viaduc de Millau est alors instantanément devenu une icône de l’architecture contemporaine, que les curieux ne se contentent pas d’emprunter. Ils sortent de l’autoroute et s’aventurent sur la route départementale en contrebas, jusque dans la vallée, pour profiter d’un point de vue global sur l’ouvrage d’art.

Le cofondateur de Bleu de Chauffe, Alexandre Rousseau, dans les ateliers de la marque, le 3 août 2020.

C’est de cette vue dont jouissent chaque jour Fabienne, Marie, Shérazade, Mélanie, Morgane, Héloïse, Virginie et Cathy. Les postes des maroquinières de Bleu de Chauffe sont implantés derrière une fenêtre panoramique qui fait face au viaduc. « Lorsque nous avons orienté le bâtiment et réfléchi aux ouvertures, nous devions privilégier ce point de vue, se rappelle Jean-Thomas Gossart, l’architecte. J’ai pris le parti de l’offrir aux personnes les plus présentes dans le lieu, à savoir les couturières. »

Des savoir-faire encore vivaces

Voilà trois ans que cet atelier est érigé au pied du viaduc, dans le creux d’un vallon. Bleu de Chauffe a été fondé par trois hommes : Julien Hanchir, responsable de la fabrication, et le duo Thierry Batteux et Alexandre Rousseau, des anciens du Coq Sportif qui ont créé la marque. « Notre idée était de développer une ligne d’accessoires dans un esprit workwear. Collectionneur de vieux sacs de métier, j’ai voulu me baser sur cette typologie surannée pour fonder une marque contemporaine », raconte Alexandre Rousseau.

Les anciens sacs de plombier, médecin ou facteur exposés dans l’entrée de l’atelier servent ainsi d’inspiration pour les créations fabriquées avec du cuir tanné végétal (comprendre, avec des plantes et aucun métal lourd) issu du Limousin, des toiles tissées dans le nord de la France et de l’Angleterre, et des rivets belges. « En travaillant pour différentes marques du luxe, j’ai découvert l’envers du décor de la fabrication. Pendant dix ans, j’ai fréquenté les pires usines du monde, à Shenzhen et dans toute la Chine… », poursuit Alexandre Rousseau.

Dans l’entrée, le cofondateur Alexandre Rousseau a placé d’anciens sacs de métier, qui servent d’inspiration à la création des modèles Bleu de Chauffe.

Avec son associé, ils fondent Bleu de Chauffe en 2009 avant de s’allier à Julien Hanchir, qui possède sa propre société consacrée à la fabrication. Complémentaires, les deux activités trouvent d’abord refuge dans un entrepôt de Saint-Georges-de-Luzençon, à proximité de Millau. Dans cette région, les savoir-faire liés à la mégisserie, la ganterie et la maroquinerie en général sont encore vivaces, avec des fleurons comme les gants Causse ou la Maison Fabre. Depuis des siècles, on y travaille la peau des brebis de Lacaune, dont le lait sert à l’élaboration du roquefort.

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