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Carole Bénazet, commerçante de luxe


Carole Bénazet, à Paris, en 2015.

Vêtus de noir en signe de deuil, ils tombent un par un sur le pavé pour simuler leur mort : le 6 novembre, un millier de commerçants et d’artisans de secteurs « non essentiels » ont organisé un happening à Toulouse, place du Capitole, pour exprimer leur désaccord face à la fermeture de leurs établissements. « J’ai trouvé cette initiative formidable, j’aurais aimé y participer, mais le nombre de places était limité. Le gouvernement a opté pour un confinement allégé, mais il a sacrifié les petits commerçants. Même si j’ai horreur de cette expression, c’est à cette catégorie que j’appartiens », fulmine la cheffe d’entreprise, fondatrice, en 2001, de Département Féminin, une boutique de mode multimarque située à deux pas du lieu de la manifestation. Et aujourd’hui une institution dans la ville.

« Petit commerçant, vraiment ? J’emploie 15 personnes, je réalise 4 millions de chiffre d’affaires, j’ai une boutique de 300 mètres carrés, un site de vente en ligne et c’est comme ça qu’on m’appelle ? » Derrière la colère qui la submerge, l’angoisse affleure. « Je n’ai pas peur, je suis terrifiée, c’est différent. On va arriver au bout des capacités des outils numériques. Un “click and collect” pour acheter une PlayStation pour un gamin, c’est parfait, mais pour une robe Dior, c’est autre chose. Il y a un rituel de vente, ça fait partie du plaisir de l’achat. Je ne vois pas comment je vais m’en sortir dans les trois mois qui viennent s’il n’y a pas d’assouplissement rapidement. »

Traumatisée par le premier confinement

D’autant que, dans la mode, les stocks s’accumulent vite et les produits sont « périssables », une tendance en chassant une autre… Carole Bénazet a beau vendre les marques les plus en vue du moment (Jacquemus, Balenciaga, Loewe, Saint Laurent, etc.), avoir un e-shop performant – lancé avant tout le monde, en 2008 – qui représente 55 % de son chiffre d’affaires, ça ne résout pas le problème de la fermeture de sa boutique. Et puis, novembre, décembre, janvier sont comme pour beaucoup ses trois plus gros mois de l’année.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Je n’avais jamais rien fait de hors la loi avant. Mais là… » : confinement et « petits arrangements » pour des commerçants bretons

On le sent, le traumatisme du premier confinement est encore ancré en elle. « Une amie psychiatre m’expliquait que, quand on vit un tremblement de terre pour la première fois, on fuit, on a peur et après, à la moindre secousse, on est terrifié : voilà ce je ressens. » Alors il faut gérer son stress. Elle a téléchargé l’application RespiRelax pour maîtriser son souffle, elle chouchoute ses deux chats et, en passionnée de littérature, se plonge dans les livres.

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