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Casquettes,meubles, radio : l'upcycling "porte le déchet haut"


Casquettes,meubles, radio : l'upcycling "porte le déchet haut"
Bordeaux – Casquettes, chapeaux, meubles, postes
radio…des créateurs mettent leur talent au service du recyclage,
“l’upcycling”, pour “créer du désirable avec de l’indésirable”, certains sous
l’oeil intéressé des grandes marques de luxe.

Juana et Ddiddue Etcheberry, 35 et 37 ans, ont remporté le grand prix du
jury accessoire de mode – doté d’un projet de collaboration avec Chanel- au
35e festival international de mode de Hyères en octobre grâce à des chapeaux
fabriqués à base de pot de fleur et bassine en plastique, botte en caoutchouc
et chambre à air.

Le frère et la soeur, anciens des beaux-arts qui ont un temps étudié à la
chambre syndicale de la couture à Paris pour elle et à l’école supérieure des
arts de Saint Luc en Belgique pour lui, ont également gagné le prix Hermès
grâce à un bracelet.

“On crée du désirable avec de l’indésirable”, s’amuse Ddiddue Etcheberry,
dans leur atelier, installé dans l’ancienne boutique de leur grand-mère à
Odiarp, petit village basque de 500 habitants.

C’est ici, depuis deux ans, que le duo à la tête de la marque Owantshoozi
(équivalent basque de l’onomatopée “wahou”), dessine, crée et vend ses
casquettes (entre 70 et 150 euros) fabriquées uniquement à base de matériaux
récupérés dans un rayon de 50km.

“Ce projet ne peut être fait qu’ici. On serait sur la côte, on aurait
peut-être fait des casquettes en combinaison de surf”, juge Diddue Etcheberry.
“C’était un challenge de devoir porter des déchets sur la tête”, “on porte
les déchets haut”, assume-t-il.

“On a un héritage de rénovation. Nos parents rénovent (dans le bâtiment).
On a été baignés la-dedans, toute chose peut être détournée, peut resservir”,
explique Juana Etcheberry.
Et d’ailleurs, “nous aussi on fait de la rénovation, pourquoi on n’aurait
pas la TVA à 5,5 pour cent ?”, propose-t-elle.

‘l’esthétisme: un rôle essentiel’

En attendant, le frère et la soeur se réjouissent de “pouvoir travailler
avec les artisans de la maison Chanel”.
“On pourrait créer une nouvelle collection avec leurs techniques,leur
savoir-faire et nos matériaux”, espère la créatrice.

A 300km de là, à Saint-Médard-en-Jalles, près de Bordeaux, Thomas Betous,
53 ans, ancien skater qui en a gardé le look avec casquette sur la tête,
chemise à carreaux, jeans et baskets, s’est lancé dans la fabrication de
meubles, des enfilades, à partir de récupération.
Dans son petit atelier au fond du jardin, il crée depuis six ans, à partir
de vieux lits et armoires, des enfilades (sorte de buffets bas) dans un style
années 50 qu’il revend ensuite via instagram.
Pour lui non plus, le “upcycling” n’est pas nouveau. “Prendre des chose et
les transformer j’ai toujours fait ça”, assure-t-il, “je ne suis pas tombé
dedans il y a trois mois quand on a dit ‘l’écodesign c’est la mode’”.

“Ce que je fais c’est beau, c’est recherché, c’est calculé. Il n’y a rien
d’anodin. La hauteur, la longueur, tout est calculé. J’accorde beaucoup
d’attention à ce que ce soit un beau meuble, pas un meuble de recyclage juste
fonctionnel”, explique-t-il.
D’où le nom de sa marque “machinemoderne”, jeux de mots avec la “chine”
(brocante) et la période moderne qu’il affectionne dont Charlotte Perriand ou
Florence Knoll, ses idoles.

Il vend ses meubles entre 150 et 400 euros à une clientèle allant “de
l’ouvrier au cadre”, “entre 20 et 45 ans”, “des gens qui aiment les choses” à
Paris, Marseille, Lyon, en Espagne ou en Belgique, dit-il assurant vouloir que
ses meubles “restent accessibles”.

“L’esthétisme joue un rôle essentiel”, confirme Guillaume Alday créateur de
la start-up Les Doyens qui, à Bordeaux, rénove des postes radio vintages en
leur incorporant un émetteur bluetooth.
La rénovation “croise pas mal de valeurs: le vintage, la déco d’intérieur,
les valeurs familiales, le sentimental et le côté éco-responsable”,
remarque-t-il.
“On espère que ce type d’objet vive encore cent ans grâce aux
transformations”, ajoute-t-il avec un sourire.
Environ 326 millions de tonnes de déchets ont été produits en 2017, selon
des derniers chiffres de l’Ademe, soit 4,9 tonnes par habitant.(AFP)

Crédit : KAPORAL X SUPER MARCHÉ



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