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« Ce lien avec l’Afrique est au cœur de qui je suis »


Dapper Dan (à droite) et l’homme qui est devenu son premirer tailleur, à Monrovia, en 1973.

« Cette image marque le début de ma nouvelle vie. Elle a été prise en 1973 à Monrovia, la capitale du Liberia. J’avais décidé d’y passer quelques jours après être allé assister, à Kinshasa, à The Rumble in the Jungle, le combat de boxe historique qui opposait Muhammad Ali à George Foreman.

En me promenant dans le marché à ciel ouvert de Monrovia, je suis tombé sur une échoppe remplie de spectaculaires objets d’­artisanat local. J’avais, comme d’habitude, une allure particulière, et quand le vendeur m’a complimenté sur mon style, je lui ai fait une offre : j’échangerais tous les vêtements que j’avais avec moi pour le voyage contre le contenu de sa boutique. Il a accepté tout de suite, et puis je lui ai demandé de me confectionner un habit. J’ai dessiné un petit croquis, et voilà comment cet homme est devenu mon premier tailleur.

En quête de tailleurs émigrés

C’était un Peul originaire de Guinée, et son style était influencé par le style français : il coupait de façon particulière, très près du corps. A mon retour à New York, quand je me suis lancé dans la mode, j’avais en tête cette inspiration première : faire travailler des tailleurs africains, utiliser des motifs locaux pour les appliquer à la silhouette de Harlem.

Je me suis mis en quête de tailleurs émigrés. J’en ai eu un, puis deux, puis trois, puis huit, puis vingt-trois, qui travaillaient nuit et jour pour approvisionner ma première boutique, Dapper Dan’s Boutique, qui était ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre, sept jours sur sept.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Dapper Dan, le tailleur de Harlem

Ce lien avec l’Afrique est au cœur de qui je suis, et je ne crois pas que ce soit un hasard si ma vocation s’est concrétisée au Liberia, cet Etat fondé en 1822 par 2 000 anciens esclaves venus des Etats-Unis. En 1968, j’étais un membre actif de la sous-culture de Harlem, et j’ai commencé à écrire pour un magazine radical qui s’appelait Forty Acres and a Mule [“40 acres et une mule”, ce qui était promis aux esclaves affranchis durant la guerre de Sécession].

On m’a proposé de me rendre en Afrique pour y découvrir mon héritage. Ça a été mon premier voyage sur la terre de mes ancêtres. J’y suis retourné plusieurs fois depuis, notamment pour explorer ce qui constitue profondément les cultures africaines-américaines aux Etats-Unis, mais aussi au Brésil, à Cuba, en Haïti…

Sur la photo, j’ai autour du cou une chaîne en or et un médaillon floqué de mes initiales, DD, et d’un lion, mon signe astrologique. Cette image, c’est un concentré de ma vie et de mon œuvre : connaître son passé pour se trouver et ainsi, aller de l’avant. »

Ma vie made in Harlem, de Daniel R. Day, avec Mikael Awake, traduit de l’anglais par Jean Esch et Mickey Gaboriaud (Les Presses de la Cité).

Lire aussi un reportage de Jacques Amalric de 1964 : Harlem entre l’« ordre » et la colère



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