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Celine, Gucci et Balenciaga ou l’invitation aux voyages


A la fin de la vidéo du défilé Celine, au château de Vaux-le-Vicomte.

Un jour sans fin. C’est un peu l’impression que donne le retour des défilés de mode dans l’actualité. Se déroulant traditionnellement début mars, les semaines des collections automne-hiver 2021-2022 se prolongent, certaines marques ayant fait le choix de s’affranchir des dates officielles et des saisons. Entièrement digitales et sans public, ces fashion weeks d’un nouveau genre permettent en effet une plus grande souplesse de calendrier. C’est ainsi que Celine, Gucci et Balenciaga se sont rappelés à notre bon souvenir, avec une série de vidéos léchées, diffusées entre le 14 et le 18 avril. Avec une même volonté : célébrer la jeunesse et ses envies de fêtes, de voyages et d’évasion, aujourd’hui empêchées.

Le Français Hedi Slimane, directeur artistique de Celine depuis 2018, nous emmène dans les majestueux jardins signés André Le Nôtre, au château de Vaux-le-Vicomte, à 50 km au sud de Paris. Après avoir montré sa partition homme automne-hiver 2021 au château de Chambord en février, la maison continue ses pérégrinations historiques. La note d’intention pose les contours de la collection, intitulée « Parade » : il sera question de jeunesse et d’émancipation. En incipit sont inscrits des vers signés Verlaine, Rimbaud et Baudelaire : « Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage, traversé çà et là par de brillants soleils », déclame ce dernier.

Celine.

Si l’allure semble conforme aux codes chics et bourgeois chers à la marque, alternant les vestes et les manteaux en tweed aux larges épaules, les sacs en cuir de facture classique, les pantalons portés haut, les robes vaporeuses en Georgette de soie, les mailles en cachemire mousseux ou les bottes hautes de chasse ou d’autres d’inspiration western, certaines pièces résonnent quant à elles avec les envies de la génération Z. Des bodys aux découpes asymétriques sont ainsi glissés sous des jeans portés larges et troués, les casquettes sont siglées et les petites robes légères, entièrement brodées à la main, accompagnent des parkas. Une robe crinoline portée avec un court blouson de cuir, rappelant les grandes heures des bals de promotion des lycéens américains, clôt la vidéo sous un feu d’artifice.

Clins d’œil à l’ancien Hollywood

Une envie de célébration que l’on retrouve dans la proposition filmée de Gucci, imaginée en collaboration avec la réalisatrice de clips Floria Sigismondi. « Nous fêtons les 100 ans de la marque cette année. J’avais envie de faire de ce défilé une grande fête, où tout le monde serait invité », précise Alessandro Michele, à propos de cette collection baptisée « Aria ». Et la fête a eu lieu au sein d’un imaginaire « Savoy Club », clin d’œil à l’hôtel The Savoy de Londres, où Guccio Gucci, le fondateur de la maison, fut groom au début du XXe siècle.

Notre interview d’Alessandro Michele, directeur artistique de Gucci : « J’ai découvert qu’une vie au ralenti pouvait être poétique »

Sur une bande-son saturée, sur laquelle des rappeurs égrènent le nom de la marque, les 94 mannequins, filles et garçons, poussent la porte de la boîte de nuit pour arpenter un long podium crépitant de flashs, évoquant les hordes de photographes parqués au bout des podiums des défilés. « J’ai voulu montrer le mythe qui entoure aujourd’hui Gucci. C’est une maison qui n’a cessé de se réinventer et de renaître », détaille Alessandro Michele. Ainsi, les classiques codes équestres de la maison sont ici détournés sur des chapeaux bombes, des harnais passés sur des robes corsets en résille ou des pantalons flous rentrés dans de grandes bottes en cuir.

Gucci.

Revisitant les grandes heures de Gucci, Alessandro Michele multiplie les clins d’œil envers Tom Ford – qui fut à la tête du style dans les années 1990 – en réinterprétant l’ancien Hollywood. Cela donne un vestiaire grand soir dont on retient le costume en velours rouge recouvrant un chemisier flou, ou les robes drapées et dorées, portées avec un boa en plume. Les accessoires, nerf de la guerre des maisons de luxe, ne sont pas en reste. Des minaudières scintillantes en forme de cœur (l’organe, pas le symbole), ponctuent ainsi la collection. Au détour d’une silhouette, surprise : le logo Gucci cohabite avec celui de la maison Balenciaga, notamment sur une veste pailletée à la tenue impeccable et aux formes généreuses.

Alessandro Michele confesse avoir opéré un « piratage » consenti du savoir-faire de Demna Gvasalia, aux manettes de Balenciaga. Les créateurs, amis, se vouent une admiration mutuelle. Les deux entités, propriété du groupe Kering, repoussent ainsi les contours de l’exercice de la collaboration.

Vêtements fonctionnels et flamboyants

Dimanche, ce fut au tour de Balenciaga de proposer sa ligne mixte « Winter 21 pre collection ». Une vidéo baptisée « Feel Good » en donnait le coup d’envoi : une succession d’images glanées ici et là mettant en scène amis, familles, enfants dans des moments joyeux. « C’est une vidéo sans produits qui est censée donner au spectateur une sensation de bien-être. On a tous envie de se sentir bien, surtout maintenant », explique Demna Gvasalia. La collection est, quant à elle, présentée sur une série de clichés plaçant les mannequins tantôt sous la tour Eiffel, au pied des pyramides d’Egypte ou au cœur de Time Square. Une ode au voyage.

Balenciaga.

Les vêtements sont fonctionnels, efficaces et parfois flamboyants. Sweatshirts enveloppants, blousons courts zippés, robes drapées et fleuries aux manches travaillées, costumes noirs extra-larges, grandes bottes aux talons aiguisés… « Cette collection parle principalement de la mode du quotidien, simple et détendue. On peut s’habiller comme ça pour aller acheter une baguette, se balader entre amis ou encore (dans le monde de demain) aller faire la fête », conclut Demna Gvasalia. Un monde d’après que les créateurs espèrent décidément festif et joyeux.



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