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« C’est le bon moment pour ralentir une machine qui s’est emballée »


Par Elvire von Bardeleben

Publié aujourd’hui à 08h00

Nicolas Ghesquière (à gauche), dans le making of de la présentation Vuitton croisière 2021.

Une poubelle, une imprimante, une sortie de secours, un escabeau… le décor choisi pour présenter la croisière 2021 de Vuitton n’est pas banal. D’ordinaire, les marques privilégient l’exotisme ou les paysages de carte postale pour mettre en scène ces collections de mi-saison au fort potentiel commercial. Mais le Covid-19 est passé par là. Et Nicolas Ghesquière, directeur artistique de la ligne féminine de Louis Vuitton, a trouvé naturel de montrer son travail dans le cadre où il a été réalisé : les studios parisiens de la marque, en face du Pont-Neuf.

« Je sais que je dois faire des efforts, par exemple penser plus au “body positive”, proposer davantage de vêtements adaptés à toutes les formes de corps », Nicolas Ghesquière.

A 49 ans, Nicolas Ghesquière est une figure emblématique de la mode française. Il a commencé assistant chez Jean Paul Gaultier en 1990, puis a déployé pendant quinze ans une vision du vêtement frappante chez Balenciaga, chef-d’œuvre d’inventivité et d’architecture qui l’a placé parmi les créateurs les plus doués de sa génération.

Depuis 2013, chez le malletier qui vend des flopées de sacs monogrammés, il fait régner une mode exigeante et intransigeante. Comme lors du défilé de mars, où les mannequins portaient des jupons de poupée volantés avec de grosses parkas de ski. « Sur le papier, l’idée paraît catastrophique, mais le look marchait », s’amuse le designer quand on le rencontre dans son studio. Ce jour de juillet, lui fait plutôt dans la simplicité : tee-shirt beige, Chino kaki, Nike grises. En exclusivité pour Le Monde, Nicolas Ghesquière nous livre sa vision de la mode post-Covid.

Cette collection croisière a-t-elle été élaborée pendant le confinement ?

Nicolas Ghesquière, à la Fondation Vuitton, devant l’oeuvre « Inside the Horizon », de Olafur Eliasson, à Paris, en 2019.

Tout a commencé normalement : au début de l’année, j’ai déjà lancé des thèmes et commandé des matières. Après le défilé prêt-à-porter du 3 mars, je suis parti aux Etats-Unis pour préparer la robe de mariée d’Emma Stone et le gala du Met et puis, soudainement, le confinement a été annoncé en France. Je suis rentré à Paris où j’ai travaillé via Zoom avec mon studio. On a développé les idées, échangé les dessins et inspirations par écrans interposés jusqu’au moment où on a pu revenir au bureau, et terminer la collection en trois semaines.

Comment ces conditions particulières ont-elles influencé votre travail ?

On a l’habitude de travailler dans l’urgence, de finir à la dernière minute pour capter le moment. Là, c’était impossible, tout était très organisé, les équipes se relayaient pour pouvoir fabriquer des vêtements à un rythme qui ne mettait personne en danger. Et c’était finalement assez serein. Nous avons aussi été confrontés au fait que les acheteurs ne pourraient pas venir en showroom, il a donc fallu mettre au point des outils technologiques pour leur permettre de mieux visualiser les produits. Et ça a aussi influencé la collection : d’ordinaire, une de mes marques de fabrique, c’est l’hybridation, des éléments qui ne vont pas forcément ensemble mais que j’arrive à accorder. Là, j’avais envie de légèreté.

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