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Christophe Lemaire et Sarah-Linh Tran, une mode portée par l’obsession de la perfection


Par Caroline Rousseau

Publié aujourd’hui à 11h00

Sarah-Linh Tran et Christophe Lemaire. Toutes les photos ont été prises dans les nouveaux locaux de la marque Lemaire, rue de Turenne, à Paris, en juillet 2021.

C’est comme une petite musique qui sème ses notes au gré des saisons depuis plus de deux décennies. Rien d’entêtant mais on reconnaît aisément sa mélodie. Pantalon à pinces et taille haute étranglée, couleurs sourdes pareilles aux vieux pigments japonais, manches de chemise roulottées au-dessus du coude, grand manteau d’officier, superpositions en « oignon » de pull-blouson-trench, chemisier à l’imprimé délicat qu’aurait pu porter Jane March dans le film L’Amant, grande jupe taillée dans une laine sèche et associée à des bottes comme pour une chevauchée à travers la steppe. Il ne faut pas nier ­l’imaginaire qui colle au vestiaire Lemaire. Un imaginaire subtilement suggéré, qui n’appartient finalement qu’à ceux qui se projettent dans cet univers mû par une quête obsessionnelle de beauté naturelle.

« La mode s’est souvent cherché des alibis dans l’art contemporain ou le rock’n’roll au lieu d’assumer l’idée de juste faire de beaux vêtements… » Christophe Lemaire

« On a toujours proposé une mode ancrée dans le réel, et toujours défendu ça, la pérennité, l’idée de vêtements qu’on a envie de garder », explique Christophe Lemaire. Si une certaine folie, toute relative, vient parfois se nicher dans la radicalité de souliers au design étrange ou dans des boucles d’oreilles en Plexiglas vert pomme, l’originalité de Lemaire tient à une interprétation très personnelle et millimétrée de ce qui fait le charme et la qualité d’une pièce qu’on ­accrochera plutôt au rayon des classiques.

Lauréat de l’Andam (Association nationale des arts de la mode) en 1990, directeur artistique de Lacoste pendant dix ans et du prêt-à-porter féminin d’Hermès pendant quatre ans, l’homme de 56 ans, né à Besançon (Doubs), qui fut collégien et lycéen à Pontoise (Oise), plutôt littéraire, s’est depuis trente ans accroché pour développer, mettre sur pause puis reprendre sa propre marque, qui doit aussi son succès et son image à son binôme, Sarah-Linh Tran.

« Je ne sais pas si tout le monde se rend bien compte, mais avoir une marque indépendante, pour homme et femme, avec des silhouettes complètes, des accessoires, et tout un travail de mise en scène pour la présenter, c’est colossal comme projet entrepreneurial…, témoigne Christophe Lemaire. J’utilise beaucoup ces métaphores guerrières mais, c’est vrai, créer sa marque, la faire grandir, c’est une bataille permanente. Or, mener ce combat tout seul, c’est impossible. Quand on a commencé, Sarah-Linh et moi, nous n’avions ni le même âge, ni le même vécu, mais nous partagions un intérêt pour les mêmes choses. Etonnamment, nous avions des références communes. »

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