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Cow-boys culs nus et grandeur versaillaise, toutes les facettes de Vivienne Westwood exposées à Lyon


Vivienne Westwood.

Au Royaume-Uni, on la célèbre comme un monument national, tant elle semble une pure incarnation de l’esprit british. Farceuse, rock, mais appliquée, vendant des habits parfaitement coupés, Vivienne Westwood, 79 ans, ressemble à « une rose anglaise, aussi délicate que brave », écrivait The Guardian. De ce côté-ci de la Manche, sa notoriété demeure en revanche réduite à ses débuts punk, lorsqu’elle tenait sur Kings Road, dans les années 1970 avec Malcolm McLaren, une boutique de seconde main mythique qui changera souvent de nom et contribuera à habiller les Sex Pistols.

Le Musée des tissus de Lyon tente d’initier les Français à sa mode. A l’origine de l’exposition ? « Un e-mail que j’ai envoyé sans connaître personne ici », raconte, dans la cour du musée, Lee Price, en total look Westwood (tee-shirt graffitis, veste tartan, pantalon bondage). L’établissement a d’emblée été intéressé par la collection de ce fan anglais de 48 ans, installé à Lyon depuis trois ans. Après des allers-retours à Stamford, au nord de Londres, où Lee Price stocke plus de 300 pièces, « nous avons conservé 150 d’entre elles pour le parcours, qui n’a pas vocation à être une rétrospective, mais un dialogue avec des œuvres du Musée des tissus », explique la commissaire scientifique, Julie Ruffet-Troussard.

L’ensemble peut offrir au novice une découverte de la designer britannique. Et aux adeptes de mode une meilleure appréhension de son travail. Car Vivienne Westwood, à la manière d’un peintre, a eu plusieurs périodes. Derrière le côté rebelle ou militant, l’accrochage montre une créatrice plus complexe, en cinq facettes.

Vocabulaire SM et cow-boys culs nus...

Deux cow-boys en santiags et culs nus qui se tiennent debout face à face et dont les sexes se frôlent : l’exposition s’ouvre sur ce motif emblématique de Vivienne Westwood, imprimé sur un tee-shirt. Cuir, chaînes, épingles à nourrice… Le vocabulaire BDSM (pour bondage, discipline, sadomasochisme) se retrouve dans les pièces, jusqu’aux talons des souliers qui occupent une salle. Toujours très hauts, pour pousser le fétichisme au maximum.

  • La connaissance de l’histoire
Façon uniforme napoléonien.

Grandeur versaillaise, Second Empire… l’accrochage montre à quel point la mode de Vivienne Westwood, avec ses robes à faux-cul et ses vestes napoléoniennes, forme un kaléidoscope de clins d’œil aux XVIIIe et XIXe siècles français et anglais. « Jamais dans la copie servile, elle regarde ce qui fut, comme le pourpoint de Charles de Blois que nous montrons, pour ensuite recomposer une mode qui lui est propre », note Julie Ruffet-Troussard. Pour souligner ces correspondances, les vêtements sont présentés près de marbres, porcelaine de Sèvres et autre commode à marqueterie.

  • La virtuosité de la coupe
Défilé à Londres, automne-hiver 2012.

De la taille marquée aux jeux de poches, boutons ou zips, « elle relève toujours sa liberté créative d’une grande maîtrise technique », remarque la commissaire. L’exposition permet de constater cette précision d’architecte dans une veste anguleuse de 2012 tout comme dans les robes et tenues de Vive La Cocotte, sa plus fameuse collection (hiver 1995), adulée des connaisseurs.

La facette militante.

Militant pour la libération des mœurs, contre le système capitaliste dans les années 1970, ou contre le réchauffement climatique depuis les années 2000, on voit dans l’accrochage à quel point Vivienne Westwood a toujours fait de l’habit (particulièrement du tee-shirt) un emblème politique.

Lire aussi Vivienne Westwood : “On a tant besoin de rebelles !”

Enfin, c’est en creux de l’exposition qu’on peut lire l’ambiguïté du travail de Vivienne Westwood. Au fil de la visite, il est intéressant de déceler, chez celle qui a toujours contesté l’ordre établi, le sens du logo reproduit ici et là, la déclinaison de sa marque en flacons de parfum, ses collaborations (Swatch, Burberry). Ce qui suggère que, pour continuer d’exister, il lui a fallu trouver la recette pour doper ses ventes, ce nerf de la mode. C’est là toute l’ambivalence du personnage. Tout comme elle peut moquer l’époque et rendre hommage à l’histoire du costume sans passer pour réactionnaire, Vivienne Westwood a cette capacité vertigineuse à écouler des tee-shirts qui prônent une éthique anticonsumériste…

Vivienne Westwood. Art, mode et subversion. Collection Lee Price, Musée des tissus, 34, rue de la Charité, Lyon 2e. Du 10 septembre au 17 janvier 2021.



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