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Dario Argento, le maître de l’horreur italien, se lance dans la mode


Collaboration MSGM et Dario Argento, défilé automne-hiver 2020.

Depuis que le Covid-19 a poussé massivement la mode à remplacer ses défilés par des vidéos de présentation de collections, le milieu s’est mis à se tourner tous azimuts vers des cinéastes : Matteo Garrone (Gomorra, Dogman…) a filmé pour Dior un court-métrage fantastique, Lukas Dhont (Girl) un clip musical pour Azzaro, tandis que, dans un autre genre, Ferragamo a fait l’objet d’un documentaire signé Luca Guadagnino (Call Me by Your Name…), ­présenté il y a quelques jours à la Mostra de Venise.

Le recours à des réalisateurs de talent n’est pas nouveau dans la mode et le luxe. De Miu Miu à Giorgio Armani. Parfois, la collaboration va plus loin. Rolex, par exemple, a fait appel à Martin Scorsese dans le cadre de son programme de mentorat artistique.

« Depuis mon adolescence, le cinéma de Dario m’habite : il fait peur mais a de l’ironie. » Massimo Giorgetti, fondateur de la marque MSGM

Cet automne, MSGM a collaboré, pour ses collections homme et femme, avec Dario Argento, légende du film d’horreur, qui n’a pas seulement mis en scène des vêtements mais a participé à leur mise au point. « Depuis mon adolescence, le cinéma de Dario m’habite : il fait peur mais a de l’ironie, est moderne et tout sauf consensuel, explique le fondateur de la marque MSGM, Massimo Giorgetti qui a d’abord découvert Les Frissons de l’angoisse (1975), l’histoire d’un pianiste qui enquête sur des meurtres sauvages commis par un mystérieux assassin. J’aimais non seulement son cinéma mais aussi son visage anguleux, à la fois beau et terrifiant, qui m’a toujours fait penser à l’inquiétant Killer Bob dans Twin Peaks, de David Lynch, un autre réalisateur qui a marqué ma jeunesse. »

« Ce fut une heureuse surprise de constater qu’un créateur ait envie de s’inspirer de films extrêmes comme les miens, et pas simplement de nature, de sculpture ou d’art noble. » Dario Argento

En septembre 2019, il commence à réfléchir aux collections de l’automne 2020 et suggère à ses équipes de se plonger dans la filmographie d’Argento. Affiches, captures d’écran, photos de costumes, images du cinéaste lui-même, remplissent toute une pièce du studio. « Son esthétique était si omniprésente que j’ai pensé qu’il était impossible de poursuivre sans son autorisation ou sa contribution », confie Massimo Giorgetti depuis son bureau milanais.

Il se fend alors d’une demande soignée sur l’adresse e-mail générique qui figure sur le compte Instagram d’Argento. Lequel répond aimablement un samedi après-midi qu’il est ouvert à la discussion. « J’aimais le style de MSGM, car il est vif et personnel, raconte Argento dans un français parfait mâtiné d’accent italien. J’avais travaillé par le passé avec des couturiers pour mes costumes, comme avec Armani sur Phenomena, mais jamais on ne m’avait approché pour une collection de mode. Ce fut une heureuse surprise de constater qu’un créateur ait envie de s’inspirer de films extrêmes comme les miens, et pas simplement de nature, de sculpture ou d’art noble. »

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