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De Muhammad Ali au hip-hop, le hoodie, la forte tête du vestiaire


Sweat à capuche Arrow Wifi, en jersey de coton, Balenciaga, 750 €.

Lancé par la marque Champion, le sweat à capuche fait son entrée sur les terrains de sport des facultés américaines au cours des années 1930. Idéale pour maintenir le corps au chaud et éponger la sueur, sa maille molletonnée équipe aussi bien les sportifs du banc de touche que les ouvriers des entrepôts de la Côte est.

Conçu pour absorber la transpiration, aussi fringant qu’un débardeur aux yeux de la bonne société, il est encore très loin de devenir le basique qu’il est aujourd’hui. Et c’est Muhammad Ali, grand champion et relais décisif dans la conquête menée par les citoyens noirs durant les années 1960, qui le sort de l’anonymat en le portant noué très serré à l’entraînement.

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Rocky Balboa n’a rien inventé, mais le boxeur interprété par Sylvester Stallone contribue, dans les années qui suivent la sortie du film, en 1976, à renverser la perception qui entoure les vêtements de sport. Les années 1980 sont d’ailleurs celles au cours desquelles l’idéologie néolibérale valorisera les corps et les poussera à se dépasser, à souffrir, à se mouiller.

Emblème pour les dominants, menace pour les dominés

En marge des salles de sport pour cadres dynamiques, dans les quartiers laissés à l’abandon, se développe un nouveau mode d’expression dans lequel le sweat occupe un rôle crucial. La nuit, dans l’anonymat que permet sa capuche, les graffeurs descendent dans le métro et couvrent de fresques les murs et infrastructures souterraines de la ville de New York. La révo­lution hip-hop ne fait que commencer et, déjà, son image comme sa légitimité déchaînent l’Amérique raciste.

En 2012, alors qu’il est considéré comme un vêtement certes à la mode, mais d’une grande banalité, revêtu par toute la société, des jeunes skateurs aux nouveaux tycoons de l’économie numérique dont il est l’emblème, il défraie la chronique. Trayvon Martin, un Afro-Américain de 17 ans, est abattu à bout portant par un riverain au motif que sa capuche autant que sa présence dans un quartier résidentiel le font passer pour un dangereux criminel.

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Portant les valeurs de l’effort et du travail du Nouveau Monde quand il est sur le dos des dominants, le sweat devient une menace à l’ordre public quand il est arboré par des minorités. Mais on touche là aux clichés, voire aux œillères, dont l’histoire étonnante nous renvoie à Chrétien de Troyes.

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Sweat à capuche en coton imprimé, The Kooples, 178 €.
Sweat à capuche New Original, en coton durable, Levi’s, 69 €.
Sweat à capuche en coton imprimé, Saint Laurent par Anthony Vaccarello, 790 €.
Sweat à capuche en velours côtelé et laine, Dolce & Gabbana, prix sur demande.
Sweat à capuche Dendigo, en molleton, Hugo, 139,95 €.
Sweat à capuche Monogram Pastel, en velours jacquard, Louis Vuitton, 1 300 €.



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