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Des « redneck » aux rock stars, la guerre des bandanas


Bandana Les Rubans du Cheval, en twill de soie, Hermès, 185 €.

Avant de coiffer ce que les États-Unis comptent d’illustres mauvais garçons, le bandana, et tout particulièrement son motif végétal en forme de larme tournée, a fait un voyage à travers le monde, cheminant de l’Orient vers l’Occident au gré des échanges économiques.

Connu en Orient sous le nom de butah, ou boteh, il est tissé sur les plus beaux châles en soie de l’Empire moghol, puis rapporté du Cachemire au XVIIIe siècle à bord des navires des compagnies des Indes, dont les trésors de raffinement envoûtent les cours européennes. Du port de Marseille, où il féconde le style provençal, à Paisley, en Écosse, dont il tient son nom anglais, on le dépote, on le rempote, on le copie. Sur des carrés de coton, qu’en Inde on appelle « bandana », il s’infiltre ainsi au plus près de la popu­lation, jusqu’à devenir, à Séville, un accessoire associé à la paysannerie.

Communauté gay, rock star et gangsta rap

Posant un pied sur le continent américain, les émigrés espagnols lui font par la même occasion passer l’Atlantique. Il s’y avère utile à qui, sous un soleil de plomb ou dans la pénombre totale, cultive la terre, la creuse ou la revendique, comme c’est le cas des révolutionnaires mexicains. Certains disent même que l’injure « redneck », qui se traduirait librement chez nous par « bouseux », viendrait en partie des bandanas rouges que les mineurs portent sur la bouche dans l’espoir de respirer moins de saletés.

Mais le Far West, comme les films Easy Rider (1969), Scarface (1983) ou Platoon (1986), n’aident pas à améliorer son image. Si, à San Francisco, il peut servir de code gay, en Californie, le bandana colle à la peau de tout ce que la société considère comme moins que rien, égarés ou têtes brûlées. Un flambeau revendiqué dans les années 1990 par le hard rock – W. Axl Rose, le leader blond vénitien des Guns N’Roses en tête –, puis par le gangsta rap, en témoigne la fascination toujours intacte pour son martyr Tupac Shakur, mort assassiné en 1996.

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Pour ne rien gâcher, en ce début des années 1990, une guerre des gangs oppose, à Los Angeles, Bloods et Crips, bandanas rouges contre bandanas indigo. Les punks avaient l’écossais, le rap aura le boteh. C’est dans ce monde où l’infor­mation circule et se consomme désormais en continu, que le foulard de mauvais garçons s’impose au-delà des sexes et des carrés de coton pour devenir un motif traditionnel, en Orient comme en Occident.

Bandana en coton, Polo Ralph Lauren, 79 €.
Bandana Dior Oblique, en twill de soie, avec bande jacquard contrastée, Dior, 390 €.
Bandana Monogram Sunset, en soie, Louis Vuitton, 285 €.
Bandana en coton détail Liberty, Kenzo aux Galeries Lafayette Paris Haussmann, 45 €.
Bandana en soie et coton, Acne Studios, 150 €.
Bandana Paisley en coton, Levi’s, 15 €.



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