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Dopé par la Chine, le prix de la laine australienne remonte en flèche


Sydney – Tiré par la reprise de l’activité et de la
consommation en Chine, le prix de la laine a bondi de plus de 30 pour cent au cours des
dernières semaines en Australie, premier pays producteur mondial, avec son
cheptel de 65 millions de moutons.

A la bourse de la laine à Sydney, après des mois de vaches maigres,
vendeurs et acheteurs ont retrouvé le sourire.
La semaine dernière, le prix du kilo est monté jusqu’à 12,19 dollars
australiens (7,36 euros), selon l’indice de référence Eastern Market
Indicator, un plus haut depuis avril, selon l’Australian Wool Innovation (AWI).

“Depuis la première semaine de septembre, le marché de la laine a augmenté
de 42 pour cent”, indique l’AWI. “Les prix ont augmenté durant six des sept dernières
semaines”, ajoute Lionel Plunkett, directeur des informations de marché à la
Bourse australienne de la laine (Australian Wool Exchange).

Si tous les types de laine s’envolent, c’est d’abord la plus fine, et la
plus chère, qui a flambé. “Une offre très limitée de laine mérinos ultra fine,
de moins de 16 microns” précise l’AWI. “Les enchères ont été frénétiques”.
Engouement également constaté par Andrew Blanch, directeur-général de New
England Wool, qui achète de la laine pour des clients européens du textile et
de la mode. Entre autres Armani, Hugo Boss et Ermenegildo Zegna.

Pas de reprise en Europe

“Quasiment toute la demande actuelle vient de la Chine, où l’activité
repart dans le secteur de la distribution, mais aussi parce que les usines de
confection avaient très peu de stock”, assure l’exportateur, pour qui la forte
hausse des prix s’explique aussi par “la quantité limitée de laine mise sur le
marché”.

Le début d’année avait été très difficile pour les éleveurs. Alors que le
kilo de laine se vendait 16,09 dollars en janvier, le confinement et la forte
baisse de la consommation et de la production, en Chine -qui achète environ
80% de la laine australienne- et dans le reste du monde, avaient provoqué une
chute brutale de la demande, et des prix, à partir de mars. Au point d’être
quasiment divisés par deux en septembre, à 8,58 dollars le kilo, au plus bas
depuis trois ans.

Les éleveurs ont alors préféré stocker leur production et attendre des
jours meilleurs. Depuis des semaines, la quantité mise en vente tournait
autour de 30 000 ballots (entre 120 et 192 kilos de laine). Cette semaine,
près de 45 000 ballots vont être mis aux enchères.

Andrew Blanch, dont la clientèle est 100 pour cent européenne, n’a pour sa part pas
profité à plein de la reprise. “La situation en Europe vis-a-vis du Covid-19
empire et ça a un impact sur la distribution” dit-il.
Rabobank, dans son rapport d’octobre sur l’agribusiness, dresse des
perspectives plutôt pessimistes.
“Des ventes en baisse et l’accumulation de stocks devraient pousser les
distributeurs européens à réduire ou à repousser leurs commandes de vêtements,
et par conséquent limiter les montants offerts pour la laine par les
confectionneurs chinois”, indique la banque.

“les mouches, défi numéro un”

A plus long terme, les éleveurs australiens sont également bousculés par le
souci grandissant des consommateurs pour le bien-être animal. Le sujet le plus
controversé, c’est le “mulesing”.
Cette pratique inventée en Australie consiste à pratiquer une ablation de
peau sur l’arrière-train des moutons, afin de leur éviter d’être infectés par
des larves de mouche, ce dont les animaux peuvent mourir.

Des associations de défense des animaux comme PETA jugent cette pratique
cruelle et plus d’une centaine de marques de vêtements se sont récemment
engagées à ne plus acheter de laine issue de moutons sur lesquels cette
opération a été pratiquée – ce qui reste le cas de 70 à 80 pour cent des bêtes en
Australie.

“Les mouches, c’est le défi numéro un des éleveurs australiens. Et s’ils
restent si nombreux à pratiquer le mulesing, c’est qu’il n’existe pour
l’instant pas de méthode plus efficace” assure Andrew Blanch, lui même fils
d’éleveurs ovins.
“Mais le client est roi, et de plus en plus exigeant sur le bien-être
animal. Il va donc falloir nous adapter, et trouver une alternative plus
douce”, admet-il.
Les marques opposées au mulesing incluent certains des plus grands
distributeurs mondiaux, tels que Zara (Inditex), GAP ou Uniqlo.(AFP)

Crédit : Unsplash



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