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En pleine pandémie, la mode cherche un modèle vertueux


Le rendez-vous est donné près d’Us, dans un champ d’orge du Val-d’Oise. Le ciel est bas, les épis sont hauts. Dans ce cadre bucolique, Simon Porte Jacquemus, directeur artistique et patron de la marque qui porte son nom, apparaît vêtu d’un camaïeu de beige assorti à l’environnement céréalier. Ses paroles sont moins légères que l’événement qu’il a réussi à organiser.

« En tant qu’indépendant, je n’avais pas d’autre choix pour la survie de l’entreprise, explique-t-il avant le début du show. Le défilé est au cœur de la stratégie d’une marque comme la mienne, fondée sur l’image, et il a un impact direct sur les ventes. » Si, à Milan, Dolce & Gabbana a réuni la veille 260 personnes autour de sa collection masculine de l’été 2021, le créateur français est, ce jeudi 16 juillet, le seul dans l’Hexagone à avoir osé organiser un « vrai » défilé post-confinement avec une centaine d’invités (évidemment capté par drones et dont les photos et vidéos ont été retransmises).

Toutes les autres marques qui défilent d’ordinaire à Paris, pour les collections haute couture et homme, ont posté des vidéos de shows sans public, des petits films dignes de courts-métrages, de mini-documentaires et parfois de superproductions, dans le cadre des fashion weeks digitales organisées entre le 6 et le 13 juillet (et débordant un peu jusqu’au 22).

Simplicité, inclusivité, distances respectées

Au milieu des épis, l’ambiance est tout au plaisir de se retrouver. On est « en petit comité », comme aiment à le dire les attachés de presse, d’autant plus fiers que celui-ci inclut Isabelle Adjani. C’est la première fois que journalistes, influenceurs ou stylistes se retrouvent depuis que le Covid-19 les a séparés. Les verres s’entrechoquent, on grignote joyeusement les figues posées sur deux tables nappées de blanc. Au grand air, les masques pendouillent en équilibre précaire sur une oreille ou ont été rangés dans les sacs.

« On avait peu de moyens et peu de temps pour monter cet événement, explique Alexandre de Betak, producteur de défilés. Mais c’était réussi parce qu’on a pris des risques en défilant à ciel ouvert, sans plan B s’il pleuvait. Et parce qu’on était libérés de toutes les contraintes qu’impose une fashion week. » Bien sûr, les haters habituels ont crié au scandale face au champ dénaturé par la mode. L’agriculteur propriétaire dudit champ, Christophe Robert, s’est fendu d’une réponse pour rappeler que ce n’était pas une violation mais une expérience qui l’avait rendu très fier et qu’il pourrait « revivre 100 fois », a-t-il même témoigné dans le magazine La France agricole.

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