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enseignes en péril et déconsommation


Paris – Difficultés financières des enseignes,
consommateurs hésitants et stocks importants: le cru 2020 des soldes d’été,
qui s’ouvrent mercredi après avoir été reportés de trois semaines en raison
de
la pandémie, ne ressemblera à aucun autre.

En annonçant début juin leur report, le ministre de l’Économie Bruno Le
Maire avait affirmé qu’il s’agissait de tenir “compte de la situation des
petits commerçants”, qui avaient besoin de “temps” pour “reconstituer” leur
trésorerie sans casser les prix.
Cela conduit à ces dates de soldes quelque peu incongrues alors que
nombre
de Français sont déjà partis en vacances, et qu’en plus, partout, ventes
privées et promotions fleurissent pour “combler” ce vide commercial.
“Les augures sont peu favorables”, admet auprès de l’AFP Yves Marin,
expert
du secteur de la distribution au sein du cabinet Bartle: “on assiste à une
sorte de crispation économique, de rétention financière car, si l’argent est
là, l’envie de consommer n’y est pas”.

Les Français ont en effet épargné quelque 60 milliards d’euros durant le
confinement selon le gouvernement et pourtant, l’envie de dépenser n’est
toujours pas au rendez-vous.

Ainsi, selon un sondage réalisé par l’Ifop pour le site de vente en ligne
Spartoo, “54 pour cent des Français entendent renoncer aux soldes ou y
consacrer un
budget moins élevé” que d’habitude.
Il faut dire que la période, avec l’application des mesures sanitaires
dans
les magasins – port du masque obligatoire, gel hydroalcoolique systématique,
cabines d’essayage parfois inaccessibles -, ne se prête pas vraiment au
shopping, et encore moins à la flânerie.
Cette situation offre “une énorme prime au commerce en ligne”, où la
“cabine d’essayage est chez soi et les livraisons et retours gratuits”,
souligne Yves Marin, pour qui “les achats dits d’impulsion vont en pâtir”,
et
notamment ceux d’articles de mode.

Pourtant, à la suite du confinement, les besoins des Français ont
augmenté,
leur tour de taille ayant changé, affirme l’expert: “mais en même temps, ils
ont pris le temps de trier leurs placards et de se rendre compte qu’ils
avaient beaucoup trop de vêtements”.

“marché poussif”

On est clairement entré dans une ère de “consommation frugale et
responsable”, les chiffres de l’Institut français de la mode (IFM) du
premier
trimestre faisant déjà état d’un repli de 17,9 pour cent des ventes de
textile/habillement (hors vente à distance) sur un an. Or, le confinement
n’était pas encore passé par là.

Pourtant, avance Nicolas Hammer, le directeur général de la start-up
Critizr, qui analyse la satisfaction et l’expérience des clients pour 80
enseignes, “la fréquentation et le trafic dans les magasins sont revenus
quasiment à leur niveau d’avant Covid”, 85 pour cent des clients se disant
“très
rassurés” par les mesures mises en place.

Certains secteurs, tels que le bricolage ou la beauté-parfumerie, ont même
retrouvé une “activité commerciale normale”. Seule la mode, précise-t-il à
l’AFP, est encore à la traîne, un “gros transfert vers le +online+” ayant
été
observé depuis le début de la crise sanitaire.

Et ce ne sont pas les annonces récentes de “difficultés”, voire pire, de
certaines enseignes du secteur (La Halle, Celio, Naf Naf, Camaïeu…), qui
vont changer la donne.
Du côté des commerçants, on espère cependant que les soldes vont
contribuer
à la “relance de la consommation”, notamment dans l’habillement qui
affichait
globalement un repli de son activité de 26 pour cent fin mai.

La nomination d’un secrétaire d’État au Commerce la semaine prochaine
serait ainsi perçu comme un vrai signe d’encouragement par le secteur.
“Ces soldes vont retrouver leur vocation première qui est l’écoulement
des
stocks, qui sont à un niveau particulièrement élevé”, souligne à l’AFP
Yohann
Petiot, le directeur général de l’Alliance du Commerce pour qui, malgré un
“marché poussif, il faut bien rester optimistes”.
(AFP)

Crédit : Unsplash



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