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“Entre judo et danse”, la tonte des brebis alimente l’économie locale dans les Cévennes


Prévenchères (France) – Au pied du Mont Lozère, des
tondeurs s’activent autour des brebis pour un exercice “entre judo et danse”.
Leur but : récupérer la laine des 3 500 animaux d’un groupement pastoral, un
travail qui trouve son aboutissement dans une filière locale et vertueuse
grâce à une Scop.

“Pour nous, c’est une période difficile en terme de fatigue mais c’est
aussi un moment de bien-être pour les brebis parce qu’elles entament le
printemps en étant propres, sans parasite”, explique à l’AFP Olivier Maurin,
éleveur au hameau de la Bessière, en Lozère.

“La tonte est une activité très physique, entre judo et danse”, renchérit
Julien Valade, 49 ans, tondeur professionnel depuis 27 ans au sein de la Scop
(Société coopérative et participative) Ardelaine, créée en 1982 dans l’Ardèche
voisine.

Dans la vaste bergerie de Prévenchères surplombant les habitations
séculaires en granit, Julien, le torse soutenu par un harnais suspendu à une
potence pour éviter une trop grande usure du dos, se livre à un étrange
ballet, en manipulant au sol une brebis bloquée entre ses jambes.

A ses côtés, Olivier, 45 ans, un des rares éleveurs continuant à tondre au
sein du groupement de huit agriculteurs, “fait comme il peut” après avoir
“appris sur le tas” avec la génération précédente.
“De mon temps, les éleveurs tondaient sans aide extérieure, autour de la
Saint-Jean”, en juin et en fonction de la Lune, raconte François Maurin, 60
ans, son cousin à la retraite. Aujourd’hui la tonte s’est professionnalisée et
étalée dans le temps – de février à juin.

Côté débouchés, les temps ont aussi bien changé : chaque brebis donne
environ un kilo de laine acheté 90 centimes par Ardelaine, une Scop
ardéchoise, bien au-dessus du prix du marché fixé à moins de 30 centimes.

“Méthode néo-zélandaise”

Fondée alors que certains éleveurs en étaient réduits à jeter ou brûler la
laine faute de débouché, Ardelaine “travaille toutes les étapes de la laine :
on va tondre chez les éleveurs, on trie ensuite la laine selon les différentes
qualités, les couleurs, on organise la collecte vers Saint-Pierreville où elle
est compressée, lavée puis distribuée soit pour le tricotage, soit pour la
matelasserie”, énumère Julien Valade.

Travailler avec la Scop ardéchoise, qui emploie une soixantaine de
personnes et produit literie, linge de lit et vêtements en laine naturelle est
“le système le plus rentable pour nous”, abonde Olivier Maurin.
La relation, entamée il y a une dizaine d’années entre les éleveurs
lozériens de Prévenchères et la Scop, va bien au-delà. “On sait qu’ils vont
travailler notre laine avec beaucoup de passion pour fabriquer localement des
produits finis de qualité”, se félicite l’éleveur.

Mais avant la création de ces produits, Julien Valade et les trois tondeurs
sous-traitants d’Ardelaine venus à Prévenchères pour la semaine, pratiquent
sur les brebis la “méthode néo-zélandaise”, des gestes précis et rapides
permettant notamment d’enlever les toisons en un seul morceau.
Stressées, les brebis, parfois pleines, poussent d’abord des bêlements de
frayeur mais tendent à se calmer une fois entre les mains des tondeurs.

Au fil de la journée, la bergerie se transforme en sauna et les tondeuses
glissent mieux sur les peaux en sueur. Après la tonte, ces “Blanches du Massif
Central” (BMC), une race rustique destinée à Prévenchères, rude terre de
moyenne montagne, à la production extensive de viande d’agneau, se précipitent
vers le fourrage.

“Il y a l’effet d’équipe, de solidarité : des collègues viennent nous aider
à attraper les brebis et demain on ira chez eux pour la tonte : les relations
humaines, c’est important, surtout dans cette période difficile de pandémie”,
souffle Olivier Maurin. (AFP)

Crédit : Unsplash, Denise Jans



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