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entre manque de reconnaissance et résilience


A l’instar de la plupart des événements mode du moment, l’édition 2020
des Fashion Green Days a eu lieu sur la toile. Les 17, 18 et 19 juin, le
rendez-vous des marques éco-responsables ne se tenait pas à Roubaix, comme
cela est habituellement le cas, mais en ligne, avec la participation d’une
quarantaine d’intervenants.

Huit tables rondes ont structuré le forum, entrecoupées d’intermèdes
artistiques et de focus sur le parcours de professionnels. Les sujets
abordés ont tous été traités sous l’angle de la crise du covid-19 et de la
situation exceptionnelle dans laquelle celle-ci a plongé la filière
textile. Les discussions ont ainsi été l’occasion de faire le bilan sur
l’activité des marques durant le confinement et de définir les perspectives
d’avenir qui s’offrent à elles.

Un manque de reconnaissance pour les couturières

La fabrication des masques, thématique centrale dans la lutte contre la
pandémie, a fédéré designers et couturiers dans un climat d’urgence.
Maintes fois mentionné dans la presse et décrit comme un réflexe de
solidarité, le sujet cache néanmoins une réalité moins glorieuse : des
couturières éreintées par la quantité de travail et le manque de
reconnaissance d’une profession pourtant « en première ligne ».

« Beaucoup de couturières ont travaillé au noir » souligne Martine
Reveillon, gérante de la mercerie Au dé à Coudre, lors de la table ronde « Les
femmes résilientes et actrices ». « 1 700 personnes ont été exploitées »
ajoute une autre intervenante. « On n’a pas considéré les couturières comme
des travailleuses essentielles durant la crise », regrette Christy Bellay
du collectif Bas les masques. Mais pour Clarisse Reille, directrice
générale du Défi, le problème est plus vaste : « Les métiers de femmes sont
sous-évalués. Il y a un manque de reconnaissance depuis des années. Cette
crise est un révélateur supplémentaire de la dévalorisation des femmes dans
nos sociétés ».

En vue de faire bouger les lignes, Christie Bellay a déclaré avoir
présenté à l’Assemblée Nationale un dossier résumant l’état de la situation.
Parmi les requêtes mentionnées : l’embauche de couturières, la compensation
du travail effectué et le remboursement des matières.

Le succès des marques durables

Sur une note plus positive, les témoignages de plusieurs professionnels
ont confirmé ce que beaucoup espèrent : le retour à une consommation
vestimentaire plus responsable. Julia Faure, co-fondatrice de la marque de
vêtements éthiques Loom, a constaté une augmentation de ses ventes ces
derniers mois. Fermement engagée dans une mode durable, la dirigeante a
notamment ajouté : « Je suis okay pour fermer mon entreprise si elle n’a
pas lieu d’être. (…) On vend alors qu’on ne fait aucune publicité, si
vous venez sur notre site c’est que vous avez vraiment besoin d’un de nos
vêtements » et d’ajouter « plus les gens prennent conscience des problèmes
environnementaux plus je vends ».

De même, Violette Dedeban co-fondatrice de l’Atelier Unes, a confié que
les clients sont restés présents durant la crise, tandis que Hubert Motte,
à l’origine de la marque La vie est Belt a annoncé être en phase de
recrutement.

Les raisons de leur succès ? « La crise a permis de répondre aux
consommateurs qui voulaient du Made in france et souhaitaient donner du
sens à travers leurs achats de vêtements », explique Paul Boyer directeur
général de de Linportant, une société Coopérative d’Intérêt Collectif
constituée pour créer une usine de fabrication de tee-shirts en lin bio
près de Caen.

Outre l’offre transparente et éthique de ces marques, l’un des points
forts mis en évidence par les Fashion Green Days est leur jeu collectif. Le
partage et la collaboration semblent guider les processus de marques
pleines d’agilité et d’optimisme, qui ont su donner du sens au terme de « résilience ».

Les Fashion Green Days sont un forum sur la mode circulaire, et sont organisés par
NordCréa, une association qui promeut l’innovation écologique dans la
filière textile.

Crédit : Image from Fashion Revolution. New Zealand Maggie Marilyn
Motion Sickness.



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