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Fashion week de Milan : et la lumière fut


Prada.

Un long tunnel au sein d’une boîte rouge. Les mannequins déambulent dans cet espace fermé, vêtus de parkas légères et colorées, de maillots de bain aux imprimés graphiques, de gilets enveloppants en tissu-éponge ou bien encore d’élégants pantalons portés bas sur les hanches. A la sortie d’un virage, on aperçoit un rai de lumière, puis une image furtive de la mer, avant que le soleil éclatant ne se reflète sur le sable blanc, et que les mannequins ne rejoignent tous cette plage rêvée. Le film tourné en Sardaigne par la maison Prada ne pouvait mieux exprimer l’impression que la saison printemps-été 2022 masculine de la mode italienne, présentée à Milan du 18 au 22 juin, a laissée : la lumière semble être enfin au bout du podium, pour une industrie grandement chahutée par la pandémie et qui a vu ces derniers mois les défilés avec public se réduire à peau de chagrin.

Si l’optimisme est de mise, sur la cinquantaine de marques présentant leur collection masculine, seules trois ont pourtant fait le choix d’un défilé traditionnel : Dolce & Gabbana, Etro et Giorgio Armani. « Il y a encore un mois, nous ne savions pas si les conditions sanitaires seraient réunies pour pouvoir accueillir du public, explique Carlo Capasa, président de la chambre nationale de la mode Italienne. Beaucoup de marques ont préféré jouer la prudence cette saison. »

Dolce & Gabbana.

Dolce & Gabbana a lancé les festivités avec un défilé réunissant 300 invités – au lieu des 800 habituels –, baptisé « Light Therapy » et prenant place dans un décor évoquant les lumières des fêtes de village traditionnelles. « C’est un hommage à la vie ! Ces illuminations colorées sont très populaires dans le sud de l’Italie, elles sont l’incarnation des célébrations en famille, entre amis. Il est temps que nous soyons à nouveau tous ensemble, non ? », expliquent les designers.

Sur le podium, celles-ci prennent la forme de pierres de couleurs illuminant les costumes, le denim et les ensembles sportswear. Ne craignant jamais la surenchère, le duo multiplie les références au début des années 2000, quand la mode osait les associations hasardeuses et joyeuses. Les maillots de football côtoient des jeans larges, les costumes ajustés scintillent de mille sequins et un effet feu d’artifice éclaire de grandes chemises ouvertes. Une collection énergisante.

Etro.

De l’énergie, Kean Etro n’en manquait pas à la sortie du défilé de la marque qui porte son nom, au cœur d’anciens entrepôts ferroviaires. Inspiré par les voyages – imaginaires cette année –, le designer propose un vestiaire coloré, dans lequel de grands chemisiers en soie accompagnent des pantalons imprimés de fleurs ou de motifs cachemire. L’homme Etro est un nomade, son tapis en rotin roulé sous le bras, prêt à s’allonger là où le portent ses pas. « J’ai beaucoup pensé au livre de Xavier de Maistre Voyage autour de ma chambre. C’est le récit d’une évasion fantasmée, ce qui résonne particulièrement avec l’année écoulée. J’ai retranscrit cela dans un vestiaire bohème et optimiste », détaille le créateur.

Fendi.

Fendi présentait sa collection à travers une vidéo tournée sur le toit du Palazzo della Civiltà, à Rome, qui abrite le siège social de la marque depuis 2015. Inspirée par la lumière du ciel romain, Silvia Venturini Fendi propose une ligne déclinant les couleurs pastel sur des costumes aux proportions raccourcies mais confortables. Les accessoires se font ludiques, comme le sac Peekaboo qui se transforme en porte-raquettes de ping-pong.

Lin, soie, foulard en cachemire… les matières, aériennes, donnent du mouvement à cet ensemble aux vertus apaisantes. « J’avais envie de luminosité. Du haut de notre immeuble, nous avons une vue magnifique sur Rome, les collines, la nature et la lumière. Les Romains ont un lien très fort avec le soleil et ses changements de tonalité. »

Ermenegildo Zegna.

Il est aussi question du ciel changeant chez Ermenegildo Zegna. Le vestiaire d’Alessandro Sartori emprunte l’ocre des couchers de soleil, le bleu du ciel, et beaucoup de verts. Le directeur artistique est à son zénith créatif : ultra-luxueuse, sa collection met en veilleuse le costume strict pour l’emmener vers des variations sportswear ou proches du kimono. « La pandémie a bouleversé notre rapport au costume, estime Alessandro Sartori. Les hommes continueront à en porter mais moins souvent, ou avec des modèles exclusifs, du sur-mesure. »

Ce mouvement le libère : il dégaine des tenues monochromes aux coupes larges, introduit des sacs souples, des combinaisons en lin, des vestes de peintre, des tee-shirts avec un col plié signature. Raffiné, le tout est relevé de boutons invisibles, de poches latérales, de revers escamotables.

Diesel.

Chez Diesel, l’arrivée d’un nouveau directeur artistique, le Belge Glenn Martens (également directeur artistique d’Y/Project), annoncée en octobre 2020, faisait saliver le milieu. Sa première collection, présentée le 21 juin, met le denim en majesté façon crescendo : d’abord traité de manière classique, le matériau mute en patchwork, teint ou déstructuré, jusqu’à finir travaillé en smocks dans un esprit artisanal. Piquant, le résultat reste fidèle à Glenn Martens qui, malgré les exigences commerciales d’une marque mondialisée, appose sa signature radicale. Du poids lourd italien du denim, il a gardé la joie, l’esprit démocratique, mais y ajoute une approche plus écoresponsable en mettant notamment en lumière des pièces surcyclées.

Tod’s.

On rencontre Walter Chiapponi au showroom Tod’s. Le directeur artistique, arrivé en 2019, s’est inspiré des safaris et de l’allure du photographe américain du genre, Peter Beard. La vidéo, tournée au sein du vignoble Cantina Petra aménagé par l’architecte Mario Botta, à Suvereto en Toscane, réuni un casting d’artistes, de jeunes chanteurs et acteurs prometteurs.

Baptisé « Under the Italian Sun », le vestiaire est chic et décontracté. Les pantalons à pinces portés larges accompagnent des vestes en lin ou matelassées tandis que l’inspiration sportswear résonne à travers les polos et maillots de bain en nylon. « Il y a un côté sensuel et joyeux. Je voulais donner l’impression d’un mirage, comme lorsqu’il fait si chaud sous le soleil que l’on est un peu déboussolé. »

Brunello Cucinelli.

Cette envie de plein été est déclinée dans un autre registre chez Brunello Cucinelli. Le chef de file de l’élégance à l’italienne a revisité le costume, sa marque de fabrique. Matières nobles, coupes efficaces et raffinées, portée unie ou dépareillée, à fines rayures ou dans un gris chiné, cette pièce maîtresse du vestiaire masculin a encore beaucoup de choses à raconter.

Giorgio Armani.

Concluant cette semaine hybride, entre défilés et rendez-vous vidéo, Giorgio Armani, qui avait convié seulement 160 invités dans les jardins de son palais milanais, s’est également attaché à revisiter le costume. « Cette collection mixe le classique et l’informel. Nous avons tous appris à être plus décontractés ces derniers mois ! Le costume actuel revêt plusieurs possibilités, des mix de matières ou une touche de sportswear », détaille le créateur, qui affiche en conférence de presse les 17 points de suture qu’il porte au bras, résultat d’une récente chute au cinéma.

« La mode italienne, qui est la seconde industrie du pays après l’automobile, a accusé 24 % de pertes en 2020. Les premiers mois de 2021 nous donnent de l’espoir, nous avons remonté de 17 % », se félicite Carlo Capasa. Un optimisme qui laisse présager un retour prochain sous la pleine lumière ?



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