mylovehair.com
Infos Mode

Fred Perry désavoue ses adeptes d’extrême droite


Un polo de la marque Fred Perry.

Mauvaise image

« En bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de vous. » Si cet adage se vérifie en politique, ce n’est pas le cas dans la mode. La marque Fred Perry en sait quelque chose. L’entreprise de sportswear a stoppé depuis plus d’un an la vente aux Etats-Unis et, désormais, au Canada de l’une de ses pièces emblématiques, le Black/Yellow/Yellow (son célèbre polo noir à liserés jaunes et couronne de lauriers). La raison ? Son utilisation par les Proud Boys, groupuscule américain d’extrême droite, évoqué par Donald Trump lors du débat présidentielle du 29 septembre. « Fred Perry ne soutient pas les Proud Boys, martèle la marque dans un communiqué annonçant leur décision le 24 septembre. Que ce soit clair, si vous voyez du matériel des Proud Boys avec notre couronne de lauriers ou une tenue qui s’inspire du polo Black/Yellow/Yellow, ils n’ont absolument rien à voir avec nous. »

Fils de socialiste

Ancien champion du monde de tennis de table, joueur de tennis britannique – à son apogée dans les années 1930, où il remporte huit titres dans des tournois du Grand Chelem (dont l’Open d’­Australie, Forrest Hills, aux Etats-Unis, Wimbledon ou encore Roland-Garros), ainsi que quatre Coupes Davis avec le Royaume-Uni –, le Britannique Fred Perry détonnait dans un milieu alors policé. Ce fils d’un représentant socialiste à la Chambre des communes a été marié à Helen Vinson, une actrice américaine. A la fin des années 1940, il lance sa marque, dont le fameux polo est mis sur le marché en 1952. Il ne devient un objet de mode que dans les années 1960 : John-Fitzgerald Kennedy le porte, tout comme plusieurs joueurs de tennis. Un peu plus tard, les groupes de rock et le mouvement des mods l’adoptent. C’est le tournant.

Liquette contre-culturelle

En France, les rappeurs des années 1990 avaient adopté les tenues Lacoste pour détourner le symbole de la bourgeoisie hexagonale. Au Royaume-Uni, les mouvements de contre-culture ont jeté leur dévolu sur les polos Fred Perry. Ce fut d’abord le cas des mods, ces jeunes gens modernes et bien mis qui, dans les sixties, roulaient à scooters Lambretta customisés et écoutaient The Who. Opposés aux hippies, les mods se durcissent à la fin des années 1960. La rencontre avec les « rude boys », d’origine jamaïcaine, donne un nouveau venu : le mouvement skinhead. Les skinheads gardent certains codes vestimentaires des mods, dont le polo Fred Perry. Leur musique est aussi mélangée (reggae, ska, rocksteady). Crânes rasés – pour marquer leur différence avec les hippies mais aussi pour éviter que la police montée ne les attrape par les cheveux –, les skins originels ne sont pas du tout d’extrême droite. C’est à la fin des années 1970 qu’une scission s’opère avec une branche qui va frayer avec le National Front. Dès lors, la mouvance est divisée en plusieurs camps irréconciliables : les apolitiques, les néonazis et les antifascistes.

Affaire tragique

En France, même s’ils ne sont pas skinheads, les militants radicaux d’extrême droite et d’extrême gauche partagent aussi certains codes, comme le Fred Perry. Chaque polo peut avoir sa signification. Ainsi, vous ne verrez jamais un redskin (extrême gauche) avec un polo blanc à liserés blanc et rouge. A l’inverse, jamais un skin néonazi n’aura un Fred Perry rouge. Cette opposition a connu une tournure tragique le 5 juin 2013 à Paris. Après une bagarre contre un groupe de militants néonazis, Clément Méric s’effondre. Il mourra quelques heures plus tard. Ce jeune militant antifasciste de 19 ans et ses agresseurs étaient tous venus à une vente privée… Fred Perry.



Source link

Autres articles

Le multimilliardaire chinois Jack Ma quitte le conseil d’administration de SoftBank Group

info mode

décryptage d’une histoire française… et mondialisée

info mode

ce qui va cartonner en boutiques à l’hiver 2020

info mode

Soldes d’été : où en est-on ?

info mode

Lancement jeune et numérique pour la Fashion week à Paris

info mode

Kering et Pyer Moss misent sur la nouvelle génération d’innovateurs

info mode