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« Je n’ai aucune idée de ce que la mode va devenir ! Et c’est très excitant ! »


Jonathan Anderson, à Pékin, en novembre 2019.

Hop, une dernière bouffée de cigarette, aussitôt écrasée. A quand remonte la dernière fois qu’on a vu un créateur fumer en interview ? Une éternité. Mais les rendez-vous par visioconférence autorisent plus de liberté. Hormis cette habitude d’un autre temps, Jonathan Anderson est fidèle à l’allure qu’on lui connaît. Un peu décoiffé, tee-shirt blanc sous chemise bleue, bracelets en tissu au poignet. Des panneaux en bois impersonnels derrière lui. L’écran ne montre rien d’autre.

« C’est facile de s’attirer la sympathie du public en promettant des bouleversements rapides, mais soyons réalistes : on n’est qu’au début d’un long processus. »

Ce jour de fin mai, l’Irlandais a pu quitter Londres, où il vit, pour rejoindre Paris et plus précisément les locaux de Loewe, dont il est le directeur artistique. La rencontre aurait pu être réelle, mais elle reste virtuelle : LVMH, qui possède la marque espagnole, n’accueille pas encore d’invités extérieurs.

Dans un monde du luxe qui n’est pas tendre, et où les créateurs sont vite remplacés, Jonathan Anderson jouit d’un statut particulier. Il est le directeur artistique de sa marque, JW Anderson, qu’il a lancée en 2008 ; en 2013, LVMH en a acquis 46 % des parts et l’a nommé en plus à la tête de Loewe, solide maison fondée en 1846. Dans tous les cas, son travail fait l’unanimité. Les observateurs de la mode s’accordent à trouver ses collections sensibles et cérébrales ; son nom revient sans cesse quand il s’agit d’imaginer qui pourrait reprendre les rênes des blockbusters de LVMH ou de la concurrence. Loewe et JW Anderson se portent bien : la griffe espagnole a doublé de taille en trois ans. Et lui, à 35 ans, semble bien résister à la pression du quotidien, ainsi qu’à celle induite par la crise due au Covid-19.

Avez-vous travaillé pendant le confinement ?

Plus que de coutume ! J’ai apprécié ces journées où je me levais à 6 heures et n’arrêtais pas jusqu’à 21 heures, à alterner les réunions Zoom et la création de vêtements. J’ai parfois trouvé dur de ne pas pouvoir toucher les tissus, mais je me suis construit un petit bureau chez moi avec beaucoup de murs d’inspiration, je me suis adapté.

L’isolement n’a pas engendré de panne d’inspiration ?

Bizarrement, il a été assez cathartique. J’ai vu les choses plus clairement. Je me suis mis en mode « crise », entièrement concentré sur JW Anderson et Loewe, sans me préoccuper de ce que faisaient les autres marques, ni des chiffres de vente. J’ai aimé travailler dans le présent, sans rien projeter dans le futur. Et puis j’ai pu faire davantage de recherches. Je suis devenu complètement obsédé par le siècle dernier, j’ai lu des livres sur la Grande Dépression, la grippe espagnole de 1918, la seconde guerre mondiale.

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