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la “gifle joyeuse” de Berluti


Paris – “On a besoin d’être giflé. Mais joyeusement”,
assure Kris Van Assche. En l’absence de défilés que “rien ne peut
remplacer”,
le créateur de Berluti a conçu une collection haute en couleurs avec un
céramiste américain atypique.

Le styliste belge et l’artiste Brian Rochefort dialoguent depuis leurs
ateliers à Paris et à Los Angeles, dans une vidéo de présentation de la
collection homme de Berluti, diffusée jeudi, au premier jour de la Fashion
week masculine virtuelle à Paris.

“Brian est un enfant terrible de la céramique, sa façon de travailler la
matière n’est pas conventionnelle. Il y a une accumulation de couches de
couleurs et de textures. Ce n’est pas contraire à la façon dont on travaille
la patine”, marque de fabrique de la maison du luxe française fondée en
1895,
explique à l’AFP Kris Van Assche.

Le créateur collectionne d’ailleurs les céramiques et possède des oeuvres
de l’Américain.
Brian Rochefort explique dans le film que sa façon de travailler “est une
sorte de gifle à ceux le font traditionnellement” et le fait que les gens
sont
réceptifs à ces oeuvres “sauvages” en dit long sur l’époque.

Fashion Week homme : la "gifle joyeuse" de Berluti

Le “strict essentiel”

Sur des chemises Berluti, le travail du céramiste est réinterprété de façon
“photographique” avec l’impression de motifs sur de la soie, dans une maille
de façon plus artisanale, grâce à la combinaison de fils de soie, de coton,
de
laine et de nylon qui crée un effet 3D.

Dans des chaussures, des détails des oeuvres sont reproduits dans la
technique de la patine, “avec du pinceau. C’est un travail de fou, on est
dans
l’artisanat total”, explique Kris Van Assche. Des sacs et des blouson en
cuir
reprennent certaines couleurs.

Dans le contexte de la crise sanitaire dans un monde de plus en plus
“virtuel” tout comme cette Fashion week, le fait main et toute touche
humaine
sont plus que jamais d’actualité, estime Kris Van Assche.
“J’aime voir les artistes qui se salissent les mains. C’est pareil pour
les
gens qui font de la patine, le tailleur qui monte une épaule (…) Dans un
monde digital, c’est ce côté vrai qui va faire la différence”,
souligne-t-il.
Après le confinement, la collection est réduite comme chez les autres
marques.
“Pour la première fois de toute ma carrière, je ne suis pas prêt, parce
que
les usines, les fabricants, n’ont ouvert qu’il y a quelques semaines”.
Et les “boutiques qui ont été fermées pendant plusieurs mois n’ont pas le
même besoin, il y a moins de place physiquement. On ne peut pas être
aveugle à
cela”.
Par conséquent, il a rétréci la collection “au strict essentiel”.

Vivement les défilés

“C’est un peu frustrant, mais ce n’est pas non plus inintéressant. Dans
une
démarche artistique, c’est finalement pas mal”.
Cette collection viendra compléter une autre qu’il a entamée avant le
confinement, composée de basiques, “parfaites pour aller avec ces pièces
créatives”.

Le choix de montrer dans le film peu de looks, mais surtout “le work in
progress” permet d’expliquer les choses qu’on ne voit pas dans les défilés.
Mais le film “ne remplace aucunement l’émotion” de ces derniers “avec des
gens
vivants”, dit-il.
Celui qui dit travailler “non stop depuis 22 ans et être “un grand
défenseur des défilés traditionnels” reste insensible aux appels de certains
confrères à repenser les rythmes des Fashion weeks.

“Contrairement au mass market, le luxe c’est l’histoire, l’émotion et tout
cela est transmis dans des défilés qui vont terriblement me manquer, là,
même
si je suis très fier de ce petit documentaire”.
“Dès qu’on pourra, j’espère bien retrouver le rythme des défilés”.
(AFP)

Crédit : Berluti – Kris van Assche et Brian Rochefort.



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