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La mode se paie le luxe de la solidarité


ISABELLA COTIER POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

Par Caroline Rousseau et Elvire von Bardeleben

Publié le 30 avril 2020 à 00h03 – Mis à jour le 01 mai 2020 à 13h05

Les lumières du palais de l’Elysée le font ressembler ce soir-là à un phare dans la nuit. Rassurant, il semble indiquer le cap. Le 24 février, Emmanuel et Brigitte Macron reçoivent la mode à dîner pour célébrer la création en présence du couturier Jean Paul Gaultier, de la rédactrice en chef de Vogue US, Anna Wintour, de la top-modèle Naomi Campbell… et de 200 invités. Au menu, des mets fins servis dans de la porcelaine de Sèvres, sur fond d’orchestre.

Sous les lustres rutilants de la salle de réception, pas l’ombre d’un flacon de gel hydroalcoolique. Quand arrive le café, servi debout, on quitte la table pour un selfie avec le président et son épouse. Il a l’air fatigué mais sourit, elle n’a pas fait de discours mais rayonne. On se dit que les gens postillonnent peut-être un peu trop près du chef de l’Etat… Quarante-huit heures plus tôt, l’Italie déclarait deux morts du Covid-19 et la Lombardie, d’où arrivait une partie des convives en direct de la Fashion Week de Milan, 88 cas de contamination au coronavirus.

Mais pendant celle de Paris, qui doit se terminer le 3 mars, la vie glamour suit son cours. Les principaux défilés rassemblent plusieurs milliers de personnes serrées sur des bancs. On claque des bises à qui mieux mieux, on boit des cocktails dans les soirées, la bouche collée à l’oreille de son interlocuteur (volume sonore oblige). Des masques sont distribués chez Paco Rabanne ou Dries Van Noten, mais peu d’invités les portent et certainement pas les dirigeants de marques, au premier rang.

A la sortie du dernier show, seuls deux défilés auront été annulés : agnès b. et A.P.C.. Quelques jours plus tard, le 12 mars, Frédéric Arnault – quatrième enfant de Bernard – lance en fanfare, à New York, la nouvelle génération de montres connectées Tag Heuer, dont il est le directeur stratégique. « On peut dire maintenant qu’on a joué avec le feu, nous confirme sous couvert d’anonymat un membre du comité exécutif d’un autre grand nom du luxe. Il aurait suffi d’un cas. On a eu du bol. »

Première alerte en Chine

Dès janvier, les manageurs français ont pourtant suivi de près l’évolution de la situation chinoise. LVMH, implanté en Chine depuis les années 1990, y compte 22 000 collaborateurs, Kering plus de 10 000.

Depuis vingt ans au moins, la région fait figure d’eldorado pour Vuitton, Dior, Chanel, Hermès, Gucci & Co. Le fleuron du chic à la française et à l’italienne y ouvre à tour de bras d’immenses boutiques dans les beaux quartiers de Pékin ou de Shanghaï mais aussi dans les malls climatisés de villes dont aucun Occidental ne sait épeler le nom.

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