mylovehair.com
Infos Mode

La nouvelle mode du « old fashion »


« Tout au long de ma carrière, j’aurai essayé de maintenir la proéminence du goût et de l’élégance française. » Ce 30 septembre, lors du défilé Balmain printemps-été 2021, la voix grave et légèrement chevrotante de Pierre Balmain, décédé en 1982, résonne en guise de bande-son. Au même moment, sur le podium, six mannequins stars des années 1980 et 1990 (donc quinqua, voire sexagénaires), comme Violeta Sanchez et Amalia Vairelli, débarquent vêtus de looks calqués sur d’anciennes créations du fondateur de la marque. La séquence a de quoi surprendre de la part d’Olivier Rousteing, l’actuel directeur artistique de 35 ans, ultraconnecté et apparemment bien dans son époque, que l’on n’avait rarement vu regarder en arrière de manière si déférente.

« La revalorisation du passé ne peut être qu’une solution momentanée : il faut pouvoir développer une nouvelle énergie et réinjecter de la créativité en temps voulu », Patricia Romatet, directrice d’études à l’Institut français de la mode.

Dans le même temps, Gucci a ressorti certaines pièces à succès de jadis, tels un sac de 1961, le Jackie, et des baskets des années 1970, les Tennis 1977, revisitées à coups de coloris et d’imprimés inédits. Quant aux sacs en nylon et au logo triangulaire qui ont fait la popularité de Prada dans les années 1990, ils ont été relancés cette année sous le nom de Prada Re-Nylon, et la maison nous confirme que le modèle de 2005 est son best-seller à l’heure où l’on écrit. Et ce ne sont là que quelques exemples parmi d’autres de maisons ayant récemment choisi de retravailler, voire de rééditer tels quels, des modèles d’archives.

Certes, les griffes de luxe se sont toujours retournées sur leur passé, mais le phénomène semble démultiplié et les allusions au patrimoine beaucoup plus littérales ces temps-ci qu’à l’accoutumée. Les Anglo-Saxons ont trouvé un nom pour ce mouvement : le « olding », dérivé de « old », ancien. On comprend bien l’idée : convoquer les gloires d’antan et rappeler qu’on a une histoire et une légitimité. Symptôme de la pandémie ? Sans doute. En plus d’avoir vu leurs usines temporairement mises à l’arrêt au printemps, les marques se retrouvent désormais face à une clientèle qui valorise les achats sûrs, indémodables… Bref, les valeurs refuges.

Réaffirmer son identité

« C’est un phénomène systématique en période de turbulences, note Valérie Robert, qui dirige le département Fashion Business à l’Istituto Marangoni. Déjà, lors de la crise financière de 2008, on avait pu constater un retour aux modèles iconiques. Lorsque la société est inquiète et en quête de sens, les marques ont tout intérêt à se raccrocher à leur héritage. » L’heure n’est donc pas à la nouveauté à tous crins, mais à la capitalisation sur ce qu’on sait faire et qu’on sait vendre. D’autant que les best-sellers historiques sont toujours les produits les plus aisés à vendre en ligne, lorsque les boutiques sont fermées.

Il vous reste 64.24% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Autres articles

« On a fait du neuf avec du vieux ! »

info mode

Avec la fin (espérée) du Covid, l’incertitude des fabricants de masque

info mode

Une London Fashion Week dématérialisée et foutraque, mais optimiste

info mode

Près de 150 grandes entreprises ont fait faillite au deuxième trimestre de 2020

info mode

Le PDG de SoftBank Group quitte le conseil d’administration d’Alibaba

info mode

Apple, Amazon et Microsoft sur le podium

info mode