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La Paris Fashion Week reprend des couleurs


Le petit monde de la mode est en effervescence. Des défilés de mode, avec du public et des flashs de photographes, à Paris ? Eh bien, oui ! Après plusieurs saisons rythmées par la pandémie, l’interdiction de voyager, de se rassembler dans des lieux clos et la mise en place de stratégies digitales par les marques, la semaine de la mode parisienne reprend ses habitudes dans la foulée de New York, Londres et Milan, du 27 septembre au 5 octobre, avec 80 événements physiques et 17 présentations en vidéo – majoritairement des labels asiatiques, empêchés de se déplacer.

Les rédacteurs et acheteurs américains et européens sont, quant à eux, de retour dans la capitale mondiale de la mode. Dans une ambiance joyeuse, marquée dès les premiers jours par l’omniprésence de la couleur, en majesté sur les podiums de ce printemps-été 2022.

Dior.

Chez Dior, Maria Grazia Chiuri s’est inspiré du travail de Marc Bohan, couturier qui œuvra chez Christian Dior de 1957 à 1989. On lui doit entre autres le Slim Look, une silhouette plus libre, plus souple, qui contribua à libérer le corps de la femme. A cela s’ajoute un regard tourné vers l’Italie solaire des années 1960, à travers l’avènement des discothèques, dont le Piper Club de Rome fut l’une des adresses-phares. « Je voulais une collection qui soit d’humeur enjouée, la mode doit être un jeu, et c’est important d’en parler, surtout après la période écoulée. On parle rarement du rôle joyeux de la mode. Cette collection s’articule autour des années 1960, une période où la mode servait à exprimer sa personnalité », détaille la créatrice.

Dans un décor de discothèque sixties coloré, dont la mise en scène est signée Anna Paparatti, figure de la scène artistique romaine des années 1960, les couleurs vives et franches se succèdent sur le podium. En orange, une minijupe trapèze accompagnée d’une courte veste boutonnée ; en jaune, un court manteau au col sage ; en vert, une minirobe aux imprimés mêlant rayures et tigres lascivement allongés ; en rose, une longue jupe ornée de motifs végétaux… Les accessoires jouent également le jeu de la couleur : minisac bowling rose, orange ou vert, sandales aux lacets jaunes fluo, courtes bottines orange vif. L’allure est nostalgique mais clairement rafraîchissante.

« Pop corn » et imprimés fleuris

Marine Serre a également introduit de la légèreté dans son univers d’habitude plus radical, à travers un film mettant en scène une communauté de gens partageant des tâches du quotidien. « Je suis un peu moins apocalyptique depuis la crise du Covid, parce que j’ai l’impression qu’il y a eu une prise de conscience sur l’état du monde, et donc je cherche les solutions. Dans ce film, je voulais montrer l’importance de nos actions, même assez simples, comme le fait de cuisiner ou de manger », explique-t-elle.

Marine Serre.

Toujours façonnée par sa technique d’upcycling – récupérer des stocks de tissus pour y découper et assembler ses vêtements –, sa collection, baptisée « Fichu pour Fichu », se compose de pièces en denim rose délavé, de robes dans une matière « pop corn » créant des bulles et dotées d’imprimés fleuris rose, rouge ou jaune, de foulards en soie imprimés, retaillés pour fabriquer une veste ou un pantalon souple, de torchons de cuisine aux liserés rouges reconnaissables reprenant vie dans une chemise ou un manteau long… 45 % des tissus utilisés pour cette collection sont upcyclés et 45 % autres sont en matière recyclée.

Saint Laurent.

C’est un Anthony Vaccarello heureux que l’on retrouve quelques heures avant son défilé pour Saint Laurent. Après s’être retiré du calendrier officiel des défilés en 2020, le voici de retour avec une collection en hommage à la complicité qui unissait Yves Saint Laurent et Paloma Picasso. « C’est une personne qu’on oublie un peu dans l’histoire de Saint Laurent alors qu’elle a été très importante. Elle l’a libéré du côté couture classique, très formel et bourgeois qu’il pouvait avoir avant sa collection de 1971. Paloma, habillée en vintage chiné aux puces, avec des ronds de serviette en guise de bracelets, lui a fait un choc. Cela lui a donné envie de faire non seulement de la mode, mais de créer un style. Je trouvais cela intéressant de partir de ce personnage inspirant pour cette saison»

Cela se traduit par des vestes d’hommes aux épaules accentuées mixées à des pantalons moulants et des bracelets clinquants, des combinaisons galbant la silhouette aux imprimés fleuris rouge ou rose, des couleurs très tranchées – rouge, violet, bleu – sur des combinaisons bustier drapées ou des robes fatales au décolleté vertigineux. Un vestiaire glamour au possible, à l’aura très cinématographique.

Kenneth Ize.

Kenneth Ize, défenseur de l’artisanat nigérian, a lui ouvert la semaine par de beaux ensembles amples en tissu asoke lumineux, strié de rouge, bleu ciel, indigo et vert, ou carrelé de fuchsia et rose pâle. Porté avec des sandales assorties, son travail s’enrichit cette saison d’exercices amusants (assemblages de teintes piquantes, un pantalon tellement taille haute qu’il remonte jusqu’au torse…) et de franges qui courent sur les grands sacs portés à l’épaule ou les robes crème à fines bretelles.

Ottolinger

Chez Ottolinger, les teintes tranchantes secouent l’hôtel particulier défraîchi de la rue de l’Université, où se tient le show, le public assis sur des bancs couverts de bâches de latex saumon. Orange vif en combinaison déconstruite, rose fluo pour un sac allongé en résine de la taille d’une baguette de pain, magenta pour les habituels leggings et robes moulantes, jusqu’à des tons argent iridescents en apothéose. Le tout habille des Martiennes comme réchappées de l’apocalypse mais dotées d’une libido conquérante.

Koché.

A l’hôtel Shangri-La, ce sont des filles plus actuelles qui se baladent à pas lents dans les salons dorés, habillées de la collection mi-sportswear mi-grand soir de Koché. « Après la pandémie, j’avais envie de retourner à l’artisanat, à un esprit couture, avec des broderies faites main, des fleurs en organza », explique Christelle Kocher. La designer signe, dans tous les tons de l’arc-en-ciel, le portrait d’une femme double-face. Celle-ci enfile robes en sequins ou embellies de cristaux, escarpins à plumes, legging et manteau à toile monogrammée pour séduire à la nuit tombée (aidée par une collaboration indiquée avec Tinder). Et troque le tout, sitôt rentrée dans sa chambre, pour des joggings à écusson, chaussons plumés et nuisette satinée.

Victoria/Tomas

Particulièrement présent lors des deux premiers jours de la fashion week, le rose est l’objet d’interprétations multiples. Il est acidulé, fuchsia pimenté, chez Victoria/Tomas. Dans la cour de La Caserne, nouveau lieu parisien consacré à la jeune création, le duo, connu pour ses pièces entièrement réversibles, a fait installer une monumentale œuvre de cette teinte, gonflée de bulbes, signée de l’artiste Cyril Lancelin. Autour, les mannequins portent le rose en veste, un flamant rose en bibelot entre les mains. S’y greffent des tops psyché vert fluo, des ensembles orange-citron à franges, un trench enveloppé de mousseline sapin, des talons marshmallow.

Mame Kurogouchi.

C’est à l’inverse un rose pâle, celui des feuilles de cerisiers tombées de l’arbre, que privilégie Mame Kurogouchi dans une vidéo brumeuse. « J’ai voulu me plonger dans les souvenirs des printemps de mon enfance à Nagano », raconte la créatrice Maiko Kurogouchi. Elle le fait dans des teintes pastel, « tout en douceur, comme une réminiscence heureuse », avec sa coutumière délicatesse et ses savoir-faire : veste volumineuse aux reflets brillants en jacquard de polyester et Nylon, plissés sensibles, robes fleuries lilas, sacs en crochet parcourus de perles minuscules façon rosée du matin. Luxe, calme et volupté.

Thebe Magugu

Plongée dans le passé aussi pour Thebe Magugu. Le Sud-Africain a ressorti des photos de famille et s’est amusé à réinterpréter vingt vêtements d’autrefois. « J’avais envie d’optimisme cette saison et, pour moi, trouver du réconfort veut toujours dire me tourner vers ma famille », sourit le vingtenaire. Se croisent un tailleur-pantalon sage avec chemise blanche, une combinaison écarlate fendue sur la jambe, une robe verte plissée à imprimé foulard… Les couleurs sont similaires à celles des modèles saisis sur les photos. « Convoquer et retrouver les formes et les couleurs de l’enfance est une expérience qui m’a fait du bien. » Au spectateur aussi.

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