mylovehair.com
Infos Mode

La photo de mode obligée de faire une mise au point


Par Théodora Aspart

Publié aujourd’hui à 11h04

Bella Hadid pour la campagne printemps-été 2020 de Jacquemus.
Bella Hadid pour la campagne printemps-été 2020 de Jacquemus. Pierre-Ange Carlotti /JACQUEMUS

C’est l’histoire d’une catastrophe sanitaire qui aura conduit l’industrie de la mode à se questionner et se réinventer à tout point de vue, à plus ou moins long terme. Car au-delà de l’impact du Covid-19 sur certains aspects majeurs du business (la chute des ventes, le bouleversement des plans de communication, l’annulation des prochains défilés au profit d’un arsenal digital inédit…), le milieu aura été bousculé jusque dans la fabrication de ses images. Il faut dire qu’une séance photo mobilise habituellement 15 ou 20 personnes. Et beaucoup ont jugé qu’il était plus judicieux de se mettre au diapason de la crise pour ne pas paraître terriblement décalé en cette période de turbulences généralisées.

Les premiers exemples sont apparus au début du mois d’avril. Pour un projet du magazine britannique i-D intitulé « Safe + Sound » (Saines + Sauves), le photographe Willy Vanderperre a photographié 19 mannequins vêtues d’un tee-shirt blanc, chez elles, via FaceTime. « En septembre 2019, on avait déjà pensé shooter l’artiste Sterling Ruby à Los Angeles, où il vit, depuis Londres, raconte le rédacteur en chef du journal, Alastair McKimm. Quand le confinement a commencé, on s’est remémoré cet épisode et on a décidé de le faire avec nos muses pour mettre en avant l’idée de connexion, de tribu créative. »

« On va renouer avec le processus de création habituel, mais il va inévitablement falloir travailler de manière optimisée », Ezra Petronio, directeur artistique du magazine « Self Service ».

Au même moment, alors que le pays était à l’arrêt depuis trois semaines, le nouveau numéro de Vogue Italia est sorti avec une couverture blanche et des séries mode de circonstance, la plus remarquée étant celle réalisée à distance par la photographe Brianna Capozzi avec la top-modèle Bella Hadid confinée (jeu de ballon en culotte devant une porte de placard, essayage de chaussures près de la table basse…).

Quelques jours plus tard, la même Bella Hadid est apparue sur la campagne printemps-été 2020 du créateur français Jacquemus, photographiée en brassière sur son lit ou nue, cachée derrière un sac, par Pierre-Ange Carlotti – et toujours par écran interposé.

Dans le même esprit, Zara a confié à ses mannequins le soin de réaliser elles-mêmes les clichés de sa nouvelle collection : selfies en direct du salon et autres portraits faits maison par un conjoint coopératif font ainsi office de campagne de la marque espagnole, cette saison. Et n’oublions pas les portfolios d’autoportraits de photographes confinés apparus en lieu et place de séries de mode dans « M Le magazine du Monde », les 10 et 30 avril… « Cette pandémie nous aura obligés à nous adapter, utiliser de nouveaux outils, évoluer en accéléré, ajoute Alastair McKimm. Et, du moins en ce qui concerne i-D, à encore renforcer le lien entre nos versions online et papier. »

Il vous reste 43.41% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Autres articles

Les autorités interdisent la réouverture des Galeries Lafayette le 11 mai

info mode

Jacques Dessange et Jean-Louis David, les seigneurs des ciseaux

info mode

que révèlent les campagnes de mode sur notre époque ?

info mode