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la saga d’une marque affective et d’un modèle atypique


Comment une marque de niche, au modèle atypique, fabriquant en France
des sacs ultra-qualitatifs inspirés du workwear, a-t-elle conquis une
communauté de clients modeux dans l’Hexagone comme en Chine ?

C’est toute l’histoire de Bleu de Chauffe, fondée en 2009 par Thierry
Batteux et Alexandre Rousseau. Ce dernier avait trente ans lorsqu’il décide
de lancer son aventure entrepreneuriale, après être passé par le luxe
(Richemont) et le sport lifestyle (Le Coq Sportif), comme designer des
accessoires. Dans ce cadre, il se rend souvent en Asie sur les sites de
fabrication. Cette première carrière le fait réfléchir sur le modèle
classique de l’industrie de la mode. Il décide alors de créer sa marque
avec son associé, en Aveyron, sa région.

Pourquoi du cuir, pourquoi des sacs ?

« Je suis passionné de workwear et
collectionneur depuis longtemps de sacs de métier » explique-t-il à
FashionUnited. Une passion dont il fera le cœur de son entreprise. « Je
voulais faire ce qui me plaisait. C’était un peu utopique, mais nous
n’avons pas fait de concessions sur nos produits, ni sur notre modèle
d’entreprise ». Un modèle où l’artisanat règne en maître, où le made in
France est une évidence.

Au départ Bleu de Chauffe ne trouve pas de site de
fabrication, de sous-traitants adaptés à ses produits, des sacs de travail
(ses iconique restent la « musette du pêcheur » et le sac « plombier »,
conçus dans des cuirs très épais). « Nous sommes très proches de l’ancien
métier de bourrelier (les fabricants de harnais pour chevaux) pour
travailler les cuirs tannés végétal épais, pérennes, durables, que nous
utilisons. Il n’y avait plus de savoir-faire », explique Alexandre
Rousseau. Bleu de Chauffe se lance donc avec un artisan, des machines
adaptées, et fait son premier salon, le Bread & Butter, en 2009, en pleine
crise financière. « On voulait travailler à l’ancienne, et cela a
fonctionné. Nous ne sommes pas une marque digital native, car née
finalement avant le tout numérique, mais on peut dire que nous sommes avant
l’heure une marque « environnemental native », remarque encore Alexandre
Rousseau.

Bleu de Chauffe : la saga d’une marque affective et d’un modèle atypique

Une marque « RSE Native »

Cuirs provenant de tanneries françaises et italiennes certifiées,
fournisseurs majoritairement français, sinon européens, méthodes de
fabrication artisanales sans travail à la chaîne (un artisan, un sac),
produit authentique, croissance raisonnée, dans une fourchette de 10 à 15
pour cent par an… Bleu de Chauffe coche de nombreuses « bonnes cases ». La
maison s’agrandit, jusqu’à employer aujourd’hui 20 personnes, sur un site
atypique, un bâtiment d’architecte donnant sur le Viaduc de Millau. Une
création d’atelier ex-nihilo, privilégiant le bien – être des employés, qui
bénéficient même d’un potager en permaculture. Jusqu’au bout de la
démarche…

Bleu de Chauffe œuvre sur un créneau d’« hyper-niche ». Ses sacs,
d’abord pour hommes, puis aussi pour femmes, enrichis aujourd’hui d’autres
d’accessoires (sandales) plaisent aux urbains mobiles, en quête de
fonctionnalité, de solidité et de beauté. Ils sont tous datés et signés par
l’artisan. La marque est entrée dans des points de vente de prestige, comme
le Bon Marché ou Merci. Et s’est très vite développée sur internet, via son
site en propre (les deux tiers du chiffre d’affaires) et des revendeurs
comme Mr Porter. La Chine, très friande d’esprit workwear est devenue son
second marché.

Bleu de Chauffe : la saga d’une marque affective et d’un modèle atypique

Aujourd’hui, le label propose une centaine de références inspirés de
l’univers industriel du XXe siècle, revisités dans un registre urbain
contemporain. Bleu de Chauffe cultive également quelques collaborations
choisies, toujours des histoires de rencontres. La prochaine se fera avec
BMW Moto, pour des sacs conçus pour la mythique BMW R18, vendus chez le
constructeur.

Bleu de Chauffe est une marque qui a du sens, comme l’on dit
aujourd’hui. Son nom aussi. Bleu, comme le « bleu de travail », « Bleu de
Chauffe », comme la veste de travail que portaient les cheminots qui
enfournaient du charbon dans les locomotives. D’où, par extension,
l’expression, « aller au charbon » …

Bleu de Chauffe : la saga d’une marque affective et d’un modèle atypique

Crédit: Bleu de Chauffe



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