mylovehair.com
Infos Mode

La Vaporfly de Nike, déclencheur d’une course à l’armement plantaire


Paris – Dopage mécanique ou innovation bienvenue, la
chaussure Vaporfly de Nike a lancé les équipementiers de l’athlétisme dans
une
course à l’armement plantaire qui fait autant de vagues que les combinaisons
en natation il y a dix ans.

Souliers révolutionnaires intégrant une lame de carbone dans leur
semelle,
les paires de running de la gamme Vaporfly ont permis aux athlètes Nike de
truster 31 des 36 places sur les podiums des six principaux marathons l’an
dernier.

Ce quasi monopole, couplé à la performance du Kenyan Eliud Kipchoge,
passé
le 12 octobre, lors d’une expérimentation à Vienne, sous la mythique barre
des
deux heures (1 h 59 min 40 sec) sur la distance du marathon (42,195 km) a
obligé World athletics (ex-IAAF) à réagir en bannissant les prototypes,
plafonnant la taille des semelles et limitant le nombre de lame de carbone
– le modèle expérimental de Kipchoge, l’AlphaFly, en comptait trois.

Riposte des concurrents

Après la fédération internationale, c’est au tour des concurrents de
Nike
de riposter : dans le sillage de la marque au “swoosh”, Adidas, Asics,
Brooks,
Hoka, New Balance et Saucony ont dévoilé – ou vont présenter – leur propre
modèle de basket recourant au carbone.

Point de départ d’une fuite en avant technologique ou rattrapage d’une
inéquité ? “Ma conviction est que les chaussures avec des lames en fibre de
carbone font partie de l’évolution à long terme des baskets de course et de
l’innovation continue qui est au centre du développement de celles-ci depuis
le début des années 1970″, estime auprès de l’AFP le journaliste américain
Brian Metzler, auteur de “Kicksology : Promotion, Science, Culture et
Coolitude des chaussures de running”.

Selon lui, ces nouveaux modèles “ne créent pas artificiellement de
l’énergie mais maximisent plutôt la force et l’énergie qu’un coureur met
naturellement dans sa foulée”. Une caractéristique qui les rend
“acceptables”,
estime Brian Metzler en mettant cela en parallèle avec l’évolution du
matériel
dans d’autres sports comme le tennis, le ski, le cyclisme, le golf et même
le
football.
“La clé est qu’à un moment donné, tous les compétiteurs doivent avoir
accès à une technologie similaire ou équivalente pour garantir un jeu à
armes
égales”, énonce-t-il.

Ce n’est pas encore gagné : les concurrents portant des “Zoom
Vaporfly 4 pour cent” ou “ZoomX Vaporfly Next%”, dernière nées de la firme
de Eugene (Oregon), courent entre 4 et 5 pour cent plus vite que les autres
sur le marathon, selon une analyse statistique du New York Times parue en
décembre.

“absolument injuste”

Ce qui fait dire à Amby Burfoot, vainqueur du marathon de Boston en
1968 et ancien rédacteur en chef du magazine Runner’s World, que
l’introduction à
l’improviste des premières Vaporfly de Nike en 2016, notamment aux
qualifications olympiques américaines pour le marathon et aux Jeux
olympiques de Rio, a été “absolument injuste”.

“Cela équivalait à laisser un groupe de perchistes utiliser de la
fibre de
verre alors que tous les autres en auraient été réduit à utiliser du
bambou”,
estime Amby Burfoot, interrogé par l’AFP.

Et il n’est pas dit que les fondeurs se battent depuis à armes
égales : “Il
n’a pas été facile pour les autres fabricants de chaussures de rattraper
Nike
– il a fallu du temps et des essais et erreurs – et nous ne savons toujours
pas dans quelle mesure ils ont comblé l’écart”, analyse Geoff Burns,
chercheur en biomécanique et en performance sportive à l’université du
Michigan, consulté par l’AFP.

En ce qui concerne les derniers modèles des concurrents de la marque
à la
virgule, “il n’y en a qu’un ou deux qui pourraient se rapprocher de ceux de
Nike”, estime cet expert en chaussure de course.
“Je serais surpris si une seule d’entre elles était aussi avantageuse que
le modèle Vaporfly 4 pour cent, sorti il y a trois ans, sans parler des
nouvelles
versions”, juge Geoff Burns.

“plus le Far West total”

“La différence maintenant, c’est que nous avons des règles qui
encadrent
quelque peu la conception des chaussures, relève Amby Burfoot. Ce n’est plus
le Far West total. Compte tenu du règlement de l’athlétisme mondial, il sera
difficile pour une chaussure de se démarquer de manière spectaculaire des
autres”, veut croire l’ex-marathonien.

L’épidémie de Covid-19 et ses conséquences économiques pourraient ne
pas
aider à rebattre les cartes dans ce jeu où Nike a déjà une longueur
d’avance.
Tous les équipementiers vont devoir faire des choix pour surmonter cette
crise qui a déjà entraîné la fermeture de plusieurs usines en Asie, rappelle
Geoff Burns. Dans ce climat, le développement d’un nouveau modèle de
chaussure de fond sera-t-il une priorité?(AFP)

Crédit : Kota Kawasaki / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun via AFP



Source link

Autres articles

Draeger Paris, nouveau propriétaire de Tie Rack, livre sa vision stratégique pour l’enseigne

info mode

Les ventes aux enchères en ligne de bijoux vintage ont pulvérisé les records pendant le confinement

info mode

De la mode aux masques : flexibilité et créativité

info mode

Ouvrier, féministe, androgyne, le débardeur s’expose et se fabrique à Marseille

info mode

Rossignol cède Raidlight -Vertical à son fondateur

info mode

les marques lifestyle internationales donnent l’exemple

info mode