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Lakelle, la jeune griffe qui se rêve en « Zara d’Afrique »


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Dans l’atelier de la marque Lakelle, à Douala, au Cameroun, en mars 2021.

Le stock a été épuisé en six heures. Ce dimanche de mars, toutes les tailles de la longue robe fleurie « Yendo » de la marque camerounaise Lakelle, se sont littéralement arrachées. Sur la page Instagram de la griffe, les regrets des clientes arrivées trop tard fusent. « Comment j’ai fait pour louper ça », se lamente Chriskanel. « Je fais la taille M et je la veux », supplie Nella.

Le phénomène est un classique depuis le lancement de Lakelle en 2017. La marque ne cesse de gagner des adeptes au Cameroun et séduit même au-delà des frontières. En provenance de France, du Sénégal, de la Côte d’Ivoire ou encore du Gabon, les commandes affluent à la sortie de chaque nouvelle robe, jupe et combinaison. Leurs prix varient en moyenne entre 4 000 et 18 000 francs CFA (de 6 à 27 euros) la pièce.

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« C’est chic, tendance, simple, accessible et abordable », se félicite Sharon Welang, la cofondatrice, qui reçoit dans son bureau situé dans le showroom de la marque à Bonanjo, quartier administratif de Douala, la capitale économique du Cameroun.

Tout a commencé en 2008. De retour au Cameroun après des études de finance et entreprenariat aux Etats-Unis, Sharon travaille pour une société de téléphonie mobile. Mais la jeune femme peine à trouver des vêtements appropriés pour aller travailler. Elle qui avait ses habitudes chez Zara et H&M doit chercher ailleurs, ces deux marques n’ayant aucun magasin au Cameroun.

Un clin d’œil à la série « Santa Barbara »

Sharon se rend ainsi régulièrement au marché Nkolouloun à Douala, où elle achète de la friperie de seconde main coûtant parfois le double du prix de ce qu’elle dépensait pour un vêtement aux Etats-Unis.

En discutant avec sa petite sœur Viola, installée au Maryland (Etats-Unis) et elle aussi passionnée de mode, l’idée leur vient d’ouvrir une franchise de ces marques dans leur pays natal. Sans se poser de questions sur les coûts financiers et la faisabilité logistique d’un tel projet, les deux sœurs écrivent au groupe H&M.

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« Ils nous ont poliment répondu qu’ils n’avaient aucun représentant en Afrique et que ce n’était pas encore le moment », se souvient, hilare, Sharon. « Pourquoi ne pas créer notre propre marque », lui lance alors à l’époque Viola Welang, guère affectée par ce refus. Le projet était né.

Le nom est vite trouvé : ce sera Lakelle, clin d’œil au personnage de Kelly, de la série américaine Santa Barbara, diffusée sur la CRTV, la télévision nationale. Des feuilletons que les deux femmes aimaient regarder lorsqu’elles étaient petites, à Buea, dans le Sud-Ouest, l’une des deux régions anglophones du Cameroun.

Plus de 10 000 pièces vendues en quatre ans

Le temps de la réflexion sera long car Sharon vient de quitter son poste pour un autre et navigue entre le Cameroun et l’Afrique du Sud. « On ne peut pas lancer un business au Cameroun sans être présent. Il fallait trouver le moment où je devais être plus stable », précise-t-elle.

A partir de 2015, Sharon voyage moins, s’installe à Douala, prend des cours de français, se documente sur la mode. Dans le Maryland, Viola passe des mois à tenter de mieux comprendre l’univers des paillettes et les secrets de Zara. En 2017 débutent les essais avec les couturières et la conception du site Web sur lequel les modèles sont aujourd’hui vendus. Suivent les premiers vêtements exposés dans une boutique à Douala. Les clientes tout de suite adorent. Depuis, les deux sœurs s’inspirent des dernières tendances de l’univers de la mode et conçoivent elles-mêmes les modèles, avant de les envoyer à l’atelier.

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En quatre ans, plus de 10 000 pièces fabriquées avec du coton, du sequin, de la mousseline ou de la dentelle ont été vendues pour un chiffre d’affaires de 6 millions de francs CFA (quelque 9 000 euros) en moyenne par mois. Lakelle emploie vingt-six personnes à plein temps et sept à temps partiel, dont des mannequins et un photographe.

Dans l’atelier de confection situé à quelques kilomètres du showroom, Ivoline Rinyu déambule entre les quatorze machines à coudre et à surfiler. Elle a été la première couturière retenue à l’issue de la phase de test et, en trois ans, elle a affiné son style. Aujourd’hui responsable d’atelier, elle rêve de voir « Lakelle se développer et être portée par tous les Camerounais ».

Collections homme et enfant

Une ambition partagée par Sharon et Viola Waleng qui ont lancé en 2020 les collections homme et enfant. Les deux sœurs voient leur marque comme « le Zara d’Afrique, abordable et avec nos particularités ». Mais il leur reste des défis à relever. Le principal ? La disponibilité des tissus. Lakelle se ravitaille au marché Congo, à Douala, chez des commerçants qui se fournissent au Nigeria auprès de marchands qui sont eux-mêmes allés s’approvisionner en Chine ou en Corée du Nord. Au bout de la chaîne, Viola et Sharon n’ont pas toujours accès à la qualité et à la quantité. D’où des stocks limités, entre 50 et 200 pièces par modèle.

Afin de se rendre directement à la source en Chine, elles comptent lever cette année 50 millions de francs CFA. Une somme qui doit également leur permettre d’acheter de nouvelles machines et accessoires afin de satisfaire la demande, d’ouvrir un deuxième local à Douala et de faciliter la vente dans d’autres pays.

« Au début, beaucoup ne croyaient pas en nous. Aujourd’hui, avec nos employés, on a une vision tellement grande. On n’est seulement à 5 % de ce que nous voulons réaliser », s’enthousiasme Viola qui compte retourner comme sa sœur au Cameroun. A long terme, elles projettent de construire une usine de fabrication à Douala et de se lancer dans la production d’accessoires et de produits de beauté. Puis, pourquoi pas, d’ouvrir des franchises Lakelle à travers l’Afrique et même dans le monde entier.



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