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L’arc-en-ciel à la fête


Paco Rabanne,  printemps-été 2020.

Les années 1960, 1970 et l’optimisme de la nouvelle génération : voilà à quoi voulait faire référence Julien Dossena pour la collection printemps-été 2020 de Paco Rabanne. Entre les variations florales et les motifs néopsychédéliques, sont apparus sur le podium un pull rayé et une jupe métallisée reprenant un emblème des années « peace & love » : l’arc-en-ciel. Il n’y a pas que chez Paco Rabanne que ce totem a ressurgi cette saison : veste de survêtement et maillot de bain polychromes chez Gucci, longue robe vitaminée chez Gabriela Hearst, polo chez Rokh, pull graphique chez Mary Katrantzou… Pour se chausser en mode « rainbow », on a l’embarras du choix entre des escarpins fuselés signés Christian Louboutin, des sandales irisées de chez Aquazzura et, option plus streetwear, une paire de Nike Air Max Dia.

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Dans la quasi-totalité des cultures du monde, l’arc-en-ciel représente un pont, un passage reliant la terre aux sphères divines ; dans l’Ancien Testament, il est le symbole par lequel Dieu scelle sa promesse faite aux hommes et à la nature encore trempés qu’il n’y aura pas d’autre déluge. Par extension, il est devenu, au fil des siècles, un emblème de réconciliation et d’harmonie. Les participants à la première marche de la paix italienne, qui a relié Pérouse à Assise, en 1961, en ont fait un drapeau militant. Depuis lors, il a été de toutes les manifestations pacifistes et antinucléaires.

Et puis l’arc-en-ciel est le résultat d’une diffraction : il faut réunir l’ensemble de ses couleurs pour recréer le tout qu’est la lumière blanche. Cette notion en a fait un étendard évident de la diversité et du rassemblement (comme le drapeau à six couleurs de la communauté LGBT, né à San Francisco à la fin des années 1970). Sans parler des « rainbow gathering », ces communautés éphémères qui se forment pour célébrer en plein air des idéaux de paix.

Se prémunir de l’apocalypse

S’il était déjà prévu que l’arc-en-ciel soit un hit de la mode estivale, voilà qu’il se fait plus lourd de sens en raison de la pandémie due au coronavirus. Car qui dit crise planétaire dit volonté d’unité et recours aux symboles universels. Ainsi, à l’initiative de Vogue UK, 53 créateurs britanniques (dont Jonathan Anderson, Simone Rocha et Richard Quinn) ont manifesté leur soutien aux hôpitaux du pays en livrant leur version personnelle de l’arc-en-ciel, peint, brodé ou photographié. Et de nombreuses célébrités du Royaume-Uni sont apparues vêtues d’un tee-shirt « rainbow » vendu au profit des équipes soignantes : un modèle à 20 livres sterling (22,30 euros) développé par la société Kindred (connue pour son application de shopping permettant d’obtenir des rabais sur ses achats, l’argent économisé pouvant ensuite être directement donné à des organisations caritatives).

Mais l’exemple le plus parlant nous vient de chez Louis Vuitton. Nom de l’opération : « The Rainbow project ». En mai, la maison a invité ses employés et leurs enfants à dessiner un arc-en-ciel à leur façon, les plus réussis étant destinés aux vitrines de ses boutiques. Celle des Champs Elysées, à Paris, par exemple, a été décorée par l’œuvre d’un petit Français. La marque a poursuivi sur sa lancée en laissant carte blanche à l’artiste américain Cory Arcangel (ça ne s’invente pas) pour créer deux visuels sur ce thème.

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Le premier a été dévoilé dans le New York Times dimanche 14 juin, jour de réouverture des magasins américains. Ces créations devraient être reprises dans les boutiques Louis Vuitton aux Etats-Unis, ainsi que dans quatorze flagships dans le monde. « En ces temps d’après-confinement, nous tenons à rassembler et à diffuser un message d’optimisme, commente Michael Burke, le PDG de Louis Vuitton. L’arc-en-ciel est un symbole d’espoir et de nouvelles aventures, un emblème très représentatif de notre état d’esprit actuel. »

Sans doute toutes ces marques savent-elles que convoquer l’arc-en-ciel est aussi une manière de se prémunir contre l’apocalypse… Une tradition médiévale dit qu’elle n’aura lieu qu’après quarante années sans qu’il en apparaisse un seul.



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