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Le bikini, un deux-pièces avec vue


Haut et bas Dioraura, collection Dioriviera, 290 € chacun, Dior.

Bikini, c’est en premier lieu un atoll des îles Marshall dans le Pacifique. À partir du 1er juillet 1946, il sert de décor de rêve à l’armée américaine pour des explosions de bombes A et de bombes H — 23 au total étalées sur douze ans, dont celle de « Castle Bravo », la plus puissante jamais utilisée par les États-Unis…

D’une force de frappe tout aussi remarquable, la campagne médiatique qui entoure le lancement de ces expériences nucléaires donne au Français Louis Réard, ingénieur automobile et gérant de la boutique de lingerie de sa mère, le nom qui manque à son invention. Présenté avec la complicité d’une audacieuse danseuse nue du Casino de Paris dépêchée de justesse, son costume de bain au pouvoir découvrant sans précédent, fait la « une » et déclenche un tonnerre d’indignation. « Le bikini révèle tout de la femme sauf le nom de jeune fille de sa mère », fanfaronne Réard, qui affirme ne répondre qu’au désir de mieux prendre le soleil.

Autorisé par Franco

Or, si les retombées médiatiques sont importantes, la mode ne prend pas instantanément et les plus courageuses doivent faire face aux arrêtés qui pleuvent sur l’Europe dès l’été 1949. Seul le dictateur Franco, bien conseillé notamment par l’archiprêtre de la ville de Marbella, voit dans le bikini un moyen d’attirer le chaland sur les plages de la côte espagnole et l’autorise dès 1952. Certaines municipalités résistent, la police verbalise parfois, mais tous ces efforts seront bientôt pulvérisés. Le monde d’alors n’est plus qu’à quelques brassées de Brigitte Bardot dans Et Dieu… créa à la femme (1956) ou d’Ursula Andress sortant des eaux, en 1962, dans le premier volet de la saga James Bond aux 4 772 574 entrées sur le territoire français.

Avec l’arrivée du Nylon, le bikini clôt une époque où, pour aller dans l’eau, les dames couvrent leur corps d’épais combishorts les moins moulants possible, quand il ne s’agit pas de jupes manches longues ou de corsets. Et, si le deux-pièces existe depuis 1932, il est en laine, cache le nombril et pèse si lourd mouillé que nager en devient presque risqué. S’ouvre alors une nouvelle ère où le corps se dévoile, revendique et se repose l’été sur la plage.

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Et, si la condition des femmes s’allège de quelques grammes, tous les regards sont désormais braqués sur leur ligne. Sans limite de moyens, et parfois sans scrupule, il leur est depuis recommandé de faire l’effet d’une bombe atomique ­soufflant des îles perdues du Pacifique. Pas sûr qu’elles y aient gagné au change.

Haut de bikini The Petite Triangle, 115 €, Matteau.
Brassière Les champs du ciel, 55 €, Ysé.
Maillot de bain, 40 € (haut) et 35 € (bas), Icone.
Haut Agent, 195 €, et bas Secret, 210 €, Eres.
Haut Clea et bas Wood, 70 € chacun, Roseanna.
Bikini, 25,99 € (haut) et 19,99 € (bas), Mango.



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