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Le britannique Arcadia refuse un prêt et se dirige vers la faillite


Londres – Le britannique Arcadia, propriétaire de
l’enseigne de vêtements Topshop, se rapproche un peu plus de la faillite lundi
après avoir refusé un prêt d’urgence proposé par le groupe Frasers de l’homme
d’affaires Mike Ashley.

Véritable empire du sulfureux homme d’affaires Philip Green, Arcadia, connu
pour ses enseignes comme Topshop, Dorothy Perkins et Burton, est au bord du
dépôt de bilan et pourrait se placer de manière imminente sous le régime des
faillites, rejoignant la liste des distributeurs victimes de la pandémie.

L’entreprise n’a donné aucune explication à son refus d’un prêt de 50
millions de livres (55 millions d’euros), a expliqué Frasers dans un
communiqué lundi.

Ce dernier, qui possède notamment la chaîne d’articles de sports Sports
Direct et les grands magasins House of Fraser avait annoncé tôt lundi matin
proposer ce prêt à Arcadia pour lui permettre d’échapper à la faillite.

La BBC avait indiqué quant à elle qu’il n’y aurait pas de sauvetage de
dernière minute et que le cabinet Deloitte serait nommé administrateur.
Vendredi, Arcadia avait indiqué évaluer plusieurs “options de secours”,
alors que selon la presse britannique le groupe n’a pas réussi à s’entendre
avec ses créanciers pour obtenir un prêt de 30 millions de livres.

Une faillite du groupe, qui compte 13.000 salariés après des suppressions
d’emplois récentes et plus de 500 magasins, constituerait un coup de tonnerre
dans le commerce britannique touché de plein fouet par la crise sanitaire et
l’essor des achats en ligne.

Le placement en faillite permettrait au groupe de pouvoir céder ses
différentes marques, Arcadia prévoyant en outre de rouvrir ses magasins en
Angleterre cette semaine après le confinement.

Les difficultés d’Arcadia s’ajoutent à la longue liste des enseignes en
péril ou qui ont fait faillite depuis le début de la pandémie de nouveau
coronavirus, et qui bien souvent souffraient déjà d’une baisse de
fréquentation et de la concurrence des ventes en ligne.

Vente par morceaux ?

Le groupe Frasers avait précisé lundi matin que si Arcadia devait déposer
le bilan, il se positionnerait pour racheter des actifs.

Mike Ashley est connu pour avoir bâti son empire du commerce en rachetant
des enseignes en difficulté qu’il tente de redresser via des restructurations.
Les actifs d’Arcadia pourraient en outre intéresser des spécialistes de la
vente de vêtements en ligne comme le groupe Boohoo.

Une faillite d’Arcadia représenterait un échec cuisant pour son
propriétaire, Philip Green, dont le parcours est émaillé de plusieurs
scandales et qui n’a pas su négocier le virage numérique afin de moderniser un
groupe autrefois très populaire.

Topshop, racheté en 2002 par l’homme d’affaires, faisait office il y a
quelques année d’emblème de la mode jeune et branchée après avoir fait ses
débuts en 1964 dans le sous-sol d’un grand magasin de Sheffield (nord).
L’enseigne était alors connue pour la variété de ses vêtements et la forte
réactivité des stylistes aux tendances des défilés.

“Le manque de cohérence dans la stratégie afin de s’adapter aux changements
d’habitudes des consommateurs et le basculement vers les achats en ligne ont
fait que le groupe a du mal depuis quelques années”, souligne Michael Hewson,
analyste chez CMC Markets, à propos d’Arcadia.

“Le résultat est que davantage de magasins pourraient disparaître des rues
commerçantes dans les prochaines semaines, sauf s’il y a un sauvetage”, selon
lui.

La chute de l’empire du controversé Philip Green pourrait en outre
assombrir l’avenir d’une autre enseigne bien connue des Britanniques. Les
grands magasins Debenhams ont déposé le bilan en avril et mènent des
discussions afin d’être repris par la chaîne d’article de sport JD Sports.

Or des enseignes comme Topshop sont parmi les plus représentées dans les
magasins sous concession abrités par Debenhams, ce qui fait craindre un échec
des négociations avec JD Sports.

Le commerce britannique subit des faillites en série, avec parmi les plus
récentes les chaînes d’habillement britanniques Peacocks et Jaeger, qui
appartiennent au groupe EWM du milliardaire Philip Day, ce qui menace 4.700
emplois environ.

La branche britannique de la marque de lingerie Victoria’s Secret et la
chaîne de vêtements et articles pour la maison Laura Ashley font partie des
autres victimes de la pandémie. (AFP)



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