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Le coup de patte d’Urs Fischer dans la mode


Urs Fischer dans le jardin de sa maison à Los Angeles.

Au départ, cela devait concerner quelques carrés de soie, ces accessoires bourgeois que Louis Vuitton aime de temps à autre faire redessiner par des artistes en vue – comme, en 2019, par l’Américain Jonas Wood. Cette fois, en sollicitant Urs Fischer, plasticien suisse et enfant chéri du marché de l’art, la maison française a revu ses ambitions à la hausse. « On a commencé par les écharpes et d’autres narrations se sont ajoutées, cela a grossi, grossi… On m’a alors demandé si je voulais développer des sacs, du prêt-à-porter et, à partir de là, la collection a décollé », retrace Fischer.

Collectionneurs, critiques et galeristes, familiers de son œuvre protéiforme qui explore l’imperfection, la consumation, le putrescible, lèveront un sourcil. Pourquoi ce facétieux quadragénaire, qui s’est fait un nom avec une maison fabriquée en miches de pain ou avec ses bougies géantes qui reproduisent à taille réelle Leonardo DiCaprio ou L’Enlèvement des Sabines de Jean de Bologne et terminent en flaques de cire, s’allie-t-il avec Louis Vuitton, dont le luxe consiste à viser la perfection ? « La mode est bien moins exclusive que l’art, et tout l’attrait pour moi est que je veux de l’art partout, rétorque l’intéressé. Pas seulement en galerie. Mais dans la rue. Dans la nature. »

Personnages cartoonesques

Finalement, sa collaboration avec Louis Vuitton est plus vaste que celle signée en 2017 par Jeff Koons, le père des sculptures Balloon, qu’il a toujours admiré. Outre sept sacs, Fischer se met à l’œuvre sur des vêtements et des sneakers, mais également sur des mises en scène de vitrines aux quatre coins du monde, des photos et vidéos amuse-bouche pour les réseaux sociaux, peuplées de petits personnages cartoonesques – chat, oiseau, orange, banane, avocat… – suffisamment pop pour parler à une audience mondialisée.

« J’ai choisi assez spontanément de redessiner le monogramme à la main, telle une esquisse qu’on ferait de mémoire. » Urs Fischer

C’est dans sa réinterprétation du célèbre Monogram que l’on retrouve le plus distinctement la signature d’Urs Fischer. « Enfant, je voyais partout des gens qui portaient des sacs avec ce monogramme. Que tout le monde désire un sac avec ces mêmes écritures, je trouvais ça étrange, se souvient celui qui a grandi à Zurich. J’ai choisi assez spontanément de le redessiner à la main, telle une esquisse qu’on ferait de mémoire. C’est un peu comme demander à plusieurs personnes de reproduire de tête la carte du monde et de regarder le résultat : sur l’une, l’­Europe paraît plus grande ; un autre a oublié de dessiner l’Inde… L’idée que la mémoire distorde ainsi les choses me fascine. »

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