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Le designer Jasper Morrison réinterprète sa chaise de couvent


L’assemblage des composants de la chaise.

Jasper Morrison s’attendait à passer une soirée paisible. Lorsque le designer britannique pousse la porte du couvent Sainte-Marie de La Tourette, en ce mois d’octobre 1997, c’est avant tout pour s’imprégner des lieux. Les frères dominicains viennent de lui demander de dessiner une chaise pour équiper le réfectoire de la communauté. Le bâtiment en béton a été construit en 1960 par Le Corbusier à Eveux, dans la banlieue nord de Lyon, avec l’aide du com­positeur Iannis Xenakis, ingénieur architecte du projet.

Morrison s’imagine un dîner léger pris en silence, entouré des moines, dans une atmosphère religieuse, suivi d’une longue nuit de ­sommeil dans sa petite cellule… Le séjour est loin de se dérouler comme prévu.

Dès son arrivée, un petit groupe de prêtres l’embarque en voiture jusqu’au Terminus, un restaurant routier situé à L’Arbresle, en bas de la colline où est perché le couvent. Après avoir fait bombance, les convives terminent par la dégustation de cinq cognacs ­différents ! « Dans mon souvenir, nous sommes rentrés tard au couvent et, avant d’aller nous coucher, nous avons fait un détour par la chapelle pour écouter de la musique », avance prudemment Jasper Morrison.

Tombées dans l’oubli

C’est à ce moment que son esprit commence à s’évader, pour enfin se fixer sur un détail parti­culier des bancs sur lesquels les moines s’assoient pour prier : « Des sortes de rails reliaient les pieds avant et les pieds arrière en dépassant légèrement pour les empêcher de basculer. » Au déjeuner, le lendemain, Jasper Morrison découvre le réfectoire qui accueillera ses futures chaises. Le projet, lancé par l’association Valorisation de l’innovation dans l’ameublement (VIA – qui a pour mission de développer le design en France), est financé par le ministère de la culture, la DRAC Rhône-Alpes et l’Union nationale des industries françaises de l’ameublement (Unifa).

Le designer se remémore les fameux bancs et s’en inspire pour dessiner son modèle. Il imagine un cadre fermé pour la base avec un piétement qui dépasse à l’arrière, un ­dossier légèrement incliné et un barreau horizontal dans le bas de la chaise (suffisamment haut pour ne pas gêner le passage du balai lors du nettoyage du sol).

C’est à l’ébéniste français Hubert Weinzierl que revient la réalisation des plans. En 2001, ce dernier confiait à Libération : « La difficulté, c’est l’absence de contreventement [une structure qui assure la stabilité de l’ensemble]. (…) Ce qui a engendré un patient travail à l’établi, au moins dix-sept heures de travail pour chacune des cent pièces. »

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