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le Ghana défile en images


Par Valentin Pérez

Publié aujourd’hui à 16h00, mis à jour à 16h06

Quand on demande à Chloe Asaam qu’elles ont été les figures inspirantes lui ayant permis d’assumer son désir de faire de la mode jusqu’à l’étudier à l’université d’Accra, la capitale du Ghana, où elle vit, elle cite trois femmes. Deux tantes couturières, qui l’ont mise en lien avec le riche réseau de tailleurs et de fabricants de tissus – véritable force nationale – et formée à ses subtilités. Mais aussi la créatrice britannique Phoebe Philo, adulée pour ses sublimes silhouettes de femmes indépendantes et jamais racoleuses, qui fut pendant dix ans directrice artistique de Céline.

« Un défilé met l’accent sur les vêtements mais une image postée avec un commentaire peut permettre d’aller plus en profondeur : parler de notre processus de création, de nos motivations. » Chloe Asaam

« La plupart des tribus et des ­ethnies au Ghana fonctionnent selon des systèmes de domination dont les postes de pouvoir sont trustés par des hommes, les femmes étant circonscrites aux tâches domestiques, à l’éducation des enfants, à la vie de la communauté, raconte-t-elle. Mais, dans ma famille, il y a peu d’hommes. Quand j’ai commencé à dessiner les silhouettes, ce sont ces femmes fortes de mon entourage que j’ai voulu habiller. »

Avec sa toute première collection en son nom, Chloe Asaam fait partie des cinq designers retenus cette année pour la fashion week d’Accra, organisée et sponsorisée par Mercedes-Benz depuis quatre ans. Le constructeur automobile soutient le secteur depuis bientôt vingt-cinq ans. Il y gagne un avantageux rôle de mécène et fait rayonner sa marque en organisant des fashion weeks même là où le milieu de la mode, absorbé par Paris, Milan, Londres et New York, ne regarde jamais : Berlin, Madrid, Tbilissi, Miami, Istanbul… Quant au Ghana, « il s’est imposé à nous comme une région à mettre en avant pour sa mode riche et vibrante, que le reste du monde commence à peine à découvrir », explique Bettina Fetzer, vice-présidente marketing chez Mercedes-Benz.

Chloe Asaam.

Habituellement, pour l’événement qui se tient une fois par an en juillet ou en août, acheteurs et journalistes étrangers se mêlaient à des curieux venus des environs lors de défilés organisés dans le centre d’Accra. Pour que la pandémie n’ait pas raison de cette fashion week peu connue hors du continent africain, et plutôt que d’annuler l’édition 2020, les organisateurs ont fait en sorte qu’elle se déroule en ligne.

Le photographe Carlos Idun-Tawiah s’est chargé de saisir le travail des cinq créateurs sélectionnés. Images et extraits vidéo ont ensuite été diffusés sur les réseaux sociaux. « Un défilé met l’accent sur les vêtements mais une image postée avec un commentaire peut permettre d’aller plus en profondeur : parler de notre processus de création, de nos motivations », se réjouit fina­lement Chloe Asaam, qui tient toujours à défendre le propos féministe de sa collection.

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