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Le magazine « Acne Paper » s’expose avant de renaître


« Acne Paper Book », couverture photographiée par Christopher Smith.

Quinze numéros seulement, mais un objet hybride devenu culte. De 2005 à 2014, le collectif créatif suédois Acne a édité un beau magazine baptisé Acne Paper. Si on connaît surtout Acne Studios, la division mode de cette entreprise fondée à Stockhlom en 1996, Acne est avant tout l’histoire d’une équipe multidisciplinaire. Design graphique, agence de publicité, production de film, éditions de livres d’art, collections de mode féminines et masculines… Acne – acronyme pour Ambition to create novel expressions – résonne avec son époque. Et ne s’interdit aucun domaine.

Le magazine fait ces jours-ci l’objet d’une exposition à Paris, dans les locaux de la prochaine boutique de la marque encore en travaux, rue Saint-Honoré dans le 1er arrondissement, et d’une publication de plus de 500 pages, reprenant, entre autres, des articles et des photos parus au fil des numéros. « Acne Paper est né d’une conversation que j’ai eu un soir, lors d’une fête, avec Jonny Johansson, l’un des cofondateurs, explique Thomas Persson, le rédacteur en chef du magazine. Il avait dans l’idée de lancer un magazine dans lequel on ne s’interdirait aucun sujet, c’est une vraie liberté d’avoir une telle carte blanche. »

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Cette publication biannuelle, consacrée à chaque fois à un thème unique, a fait se confronter la mode, l’art, la philosophie, mais également la culture populaire ou l’histoire autour de thématiques aussi variée que la ville, l’éducation, la tradition, la jeunesse ou bien encore l’érotisme ou le corps. « Explorer un seul thème à la fois permet d’en apporter une lecture profonde et intemporelle », détaille Thomas Persson.

David Lynch et Isabelle Huppert

De grands noms ont ainsi apporté leur contribution, comme les photographes Lord Snowdon, Mario Testino, Paolo Roversi ou bien encore Brigitte Lacombe. Les artistes Marina Abramovic, Jeff Koons ou David Lynch également. Des portraits et interviews au long cours ont également ponctué les pages d’Acne Paper, comme celle d’Isabelle Huppert, qui s’est offert la couverture du dernier numéro, consacré aux actrices.

Vendu en kiosque et en librairie environ 10 €, Acne Paper se détachait ainsi des magazines affiliés à des marques, souvent distribués uniquement aux clients. « Nous éditions 20 000 exemplaires par numéro et avions une distribution mondiale. Nous avons décidé très tôt que le magazine ne serait pas à propos de la marque. Prada a sa fondation d’art, à Milan, qui n’est pas reliée à la marque en elle-même. L’idée était la même. » Si le magazine s’est arrêté en 2014, sa popularité et sa reconnaissance par le monde de l’art et de la mode n’a cessé de croître, les anciens numéros s’arrachant jusqu’à 100 € sur Internet. « L’histoire a duré dix ans, beaucoup de choses se sont passées en dix ans ! L’arrêt du magazine a été une évolution naturelle, nous voulions, Jonny et moi, nous essayer à différentes choses », confie Thomas Persson.

D’anciennes couvertures d’« Acne Paper » reprises dans l’« Acne Paper Book ».

L’exposition qui lui est aujourd’hui consacrée met en scène des autoportraits du photographe sud-africain Christopher Smith, réinterprétant à sa manière les quinze thématiques du magazine. Fort de son aura jamais démentie, Acne Paper prépare son retour, servi par une nouvelle formule, toujours pilotée par Thomas Persson. Une renaissance qui arrive au bon moment, selon Jonny Johansson : « Les planètes sont alignées pour le relancer ! Je le fais car j’adore ce magazine et que j’aime beaucoup travailler avec Thomas. Il n’y a aucune stratégie commerciale derrière. » Le numéro 16, dont le thème est encore gardé secret, sortira en octobre.

Exposition photo de Christopher Smith, 219, rue Saint-Honoré, Paris 1er, entrée libre. Jusqu’au 10 juillet.

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