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L’élégance cérébrale de Jonathan Anderson


Jonathan Anderson, directeur artistique de la maison Loewe et fondateur de sa marque JW Anderson.

Mieux que quiconque, Jonathan Anderson, directeur artistique de la maison Loewe et fondateur de sa marque JW Anderson, a remis, dans une décennie dématérialisée émoustillée par les likes et les selfies, le plaisir tactile et le goût du beau au centre de la mode. Même quand ses vêtements ont été rendus inaccessibles par une distanciation physique imposée, il a su maintenir avec une rare inventivité le contact avec sa communauté (création d’un journal à la place d’un défilé, kit de papier peint pour « pimper » un intérieur où l’on finissait par passer trop de temps…).

Fervent lecteur de romans et collectionneur d’art et d’objets, Anderson a fait infuser sa culture dans des collections référencées qui ont permis à cet enfant de la classe moyenne nord-irlandaise, fils d’un joueur de rugby professionnel et d’une professeure d’anglais et de français, une ascension express dans les plus hautes sphères de l’industrie du luxe et chez Loewe en particulier, vénérable maison espagnole, propriété de LVMH depuis 1996.

Ses inspirations artistiques, remâchées à sa façon, viennent enrichir ou distinguer des pièces très réalistes.

Sa mode se nourrit depuis ses débuts de ses coups de cœur (même s’ils ne sont pas textiles), d’androgynie, de références à des plasticiens (Joe Brainard, Giles Round, Gilbert & George), de contrastes géométriques (manches ballon, jupes ­plissées, sacs triangle ou puzzle), de sous-texte homoérotique. Conceptuelle ? Peut-être, mais elle n’en propose pas moins robes, jupes, jeans, sweats, pulls, sacs, trenchs, joggings ou baskets – uniquement du pratique. Jamais d’inconfort ou d’apparat gratuit, ni costumes pour les hommes, ni robes de gala pour les femmes.

Ses inspirations artistiques, remâchées à sa façon, viennent enrichir ou distinguer des pièces très réalistes. Cuir grainé des sacs et de la petite maroquinerie, denim sec pour ses pantalons larges aux revers épais, sweat-shirts au molleton moelleux, robes pailletées… Le tout produit avec un soin artisanal de très haute volée, semblable à celui des céramiques, émaux ou sculptures en verre qu’il récompense au travers du Loewe Craft Prize, un prix que ce passionné du mouvement britannique décoratif Arts and Crafts, bourgeonnant sous l’époque victorienne, a imaginé en 2016.

Cumulard (outre sa marque JW Anderson et la création de la maison Loewe, il collabore régulièrement avec Uniqlo et Moncler), il dit que l’artisanat est l’un de ses plus grands centres d’intérêt et qu’il en a fait la pierre angulaire de l’identité même de Loewe. Cela s’exprime encore cette année dans le projet Loewe Weaves qui explore le tissage comme art décoratif et comme structure de la matière, avec dans le rôle principal… un torréfacteur de châtaignes galicien. Ce sublime pot en terre cuite percé autorise toutes sortes d’embellissements avec du raphia, de la corde, etc. et trouve le moyen d’inspirer les sacs et accessoires de la maison.



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