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« L’émotion de la création, c’est addictif »


Silvia Venturini Fendi, à Rome, en 2018.

« Hand in hand », « main dans la main ». C’est ainsi que Silvia Venturini Fendi a baptisé la nouvelle exposition qu’elle présente à Rome, au palazzo della Civiltà italiana (palais de la Civilisation italienne), siège social de la marque. Cet imposant monument à l’architecture rationaliste a été construit en vue de l’exposition universelle de 1942, qui n’a jamais eu lieu. Le palais est ensuite resté à l’abandon pendant plusieurs décennies, avant que Fendi le rénove à grands frais et y installe ses bureaux, en 2015.

Jusqu’au 28 novembre, les visiteurs peuvent ainsi voir au rez-de-chaussée une réinterprétation du fameux sac Baguette, best-seller né à la fin des années 1990 et souvent qualifié de tout premier « it bag », par 21 artisans venus de toute l’Italie. Travail du cuir de Lombardie, tapisseries de Sardaigne, dentelliers des Pouilles, tissage de l’osier des Marches… Les savoir-faire traditionnels sont ici célébrés et valorisés. Silvia, issue de la troisième génération de Fendi, sait mieux que personne l’importance du geste dans la création.

Inauguré en 1925 par Edoardo et Adele Fendi, ses grands-parents, le petit atelier romain spécialisé dans la maroquinerie et la fourrure est devenu une grande maison. Qui, depuis 1999, fait partie du groupe LVMH. Le label fut également l’un des terrains de jeux de Karl Lagerfeld, qui rejoint les cinq sœurs Fendi – dont Anna, la mère de Silvia – en 1965 pour y développer les collections féminines jusqu’à sa mort, en 2019. Aujourd’hui, ces dernières sont imaginées par le Britannique Kim Jones, tandis que Silvia Venturini Fendi crée les collections masculines et la ligne accessoires. Au rez-de-chaussée du bâtiment, dans un majestueux salon de réception aux immenses baies vitrées offrant une vue plongeante sur le quartier futuriste de l’EUR au sud de Rome, Silvia Venturini Fendi nous reçoit, et répond à nos questions dans un français parfait.

Le sac baguette Fendi revisité par l’atelier de mosaïques Akomena Spazio Mosaico en Emilie-Romagne, dans le cadre de l'exposition « Hand in hand ».
Le sac baguette Fendi revisité par les maitres bagagistes Bertoni Valigeria en Lombardie, dans le cadre de l'exposition « Hand in hand ».

Comment est née l’exposition « Hand in hand » ?

J’ai réalisé que les jeunes générations ne comprennent pas toujours l’importance du travail manuel. C’est en partie de la faute de ma génération. Leurs parents espéraient peut-être autre chose pour eux. Etre ouvrier spécialisé ou artisan n’est sans doute pas assez noble. Mais en réfléchissant, en pensant à mes enfants ou à mes petits-enfants, je reste persuadée que ce sont encore et toujours des métiers d’avenir. Les machines ne pourront jamais remplacer l’homme. De cette réflexion est née l’exposition. Je tenais à faire comprendre aux jeunes gens qui s’intéressent à la mode la valeur humaine qu’il y a derrière les beaux produits. Je voulais aussi donner plus de visibilité à ces fantastiques artisans. Certains collaborent avec Fendi depuis des décennies. Je pense à cet atelier de travail du cuir, Bertoni Valigeria, en Lombardie, qui travaillait déjà avec ma grand-mère !

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