mylovehair.com
Infos Mode

Les boutiques de mode, de nouvelles galeries


Dans la boutique Loewe, rue Saint-Honoré, à Paris, trône une toile de l’artiste Patricia Leite.

Pendant tout le mois de janvier, Anya Firestone, guide conférencière de 32 ans, théoricienne de l’art et spécialiste des liens entre art et marques, recevait dans la nouvelle boutique Loewe de la rue Saint-Honoré, à Paris, les clients VIP de la marque de luxe espagnole (propriété du groupe LVMH).

A son programme, une visite de l’espace conçu comme une galerie avec décryptage des œuvres – sculptures en céramique de Picasso, tableaux contemporains et chaises en bois du mouvement Arts & Crafts –, installées comme dans un musée à côté des sacs à main en cuir de la maison, et sans hiérarchie entre les pièces.

« Tout le monde connaît le Picasso peintre, mais moins le céramiste. En présentant une de ses créations en terre, Loewe transmet l’idée de la noblesse de l’artisanat, raconte Anya Firestone. Avec ces visites, la marque cherchait à établir un autre dialogue, d’ordre intellectuel, avec sa communauté qui n’a plus accès aux musées. A la fin du tour, les clients étaient non seulement ravis de l’expérience culturelle, mais avaient aussi mieux saisi la recherche d’excellence de Loewe et de son directeur artistique, Jonathan Anderson, par ailleurs fondateur du Craft Prize. »

Exit les scénographies éphémères

Si toutes les maisons de mode ne font pas appel aux services d’historiens de l’art dans leurs boutiques, elles sont de plus en plus nombreuses à exposer des œuvres aux côtés de leurs collections en adoptant les codes formels des galeries d’art. Exit les scénographies éphémères aux accents frivoles et anti-écologiques, place à l’immobilité d’un décor minimaliste de boîtes en verre ­transparent, d’objets posés sur stèles, de vitrines dédiées à une œuvre unique comme emblème d’une famille esthétique ou d’un esprit.

Un pénis sur ressort signé du designer néerlandais Maarten Baas, c’est le choix incongru qu’a fait, quant à elle, Isabel Marant comme pièce-phare de sa toute première boutique homme, ouverte il y a un an au cœur du Marais. Un lieu pensé dans un pur esprit boutique-galerie à la manière d’un white cube, sans parti pris d’architecture d’intérieur mais avec une curation d’œuvres singulières d’artistes et d’artisans. Certaines pièces servent même de présentoir, comme la poétique étagère en mousse verte de Dewi van de Klomp, qui ploie sous les vêtements que l’on y glisse.

Un meuble en mousse du studio Dewi van de Klomp sert de présentoir chez Isabel Marant, rue de Turenne, à Paris.

« La digitalisation nous pousse à ancrer les choses dans le réel, explique Hélène Mechin, directrice de la communication et de l’image d’Isabel Marant. Nous voulions que l’expérience de cette boutique puisse s’apparenter à la découverte d’un musée ou d’une galerie, un lieu où l’on vient par curiosité pour s’inspirer et pas forcément pour acheter. » De fait, pour tous les acteurs de la mode, il s’agit de réinventer le rituel du shopping, de susciter le désir chez un consommateur paresseux et encore plus frileux de ses déplacements, crise sanitaire oblige. Quoi de mieux que l’art contemporain ou le design pour apporter cette dimension sensorielle et intellectuelle, ce supplément d’âme ?

Il vous reste 65.67% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.



Source link

Autres articles

chute de 17 pour cent des ventes au premier trimestre

info mode

le pouvoir du style personnel

info mode

Rebellion d’une ex-gendarme par la maroquinerie punk et vegan

info mode

La Vaporfly de Nike, déclencheur d’une course à l’armement plantaire

info mode

le marché mondial du luxe devrait se contracter de 20 à 35 pour cent en 2020

info mode

Cri d’alarme des magasins d’habillement après la crise du Covid-19

info mode