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Les étudiants en mode lancent la Fashion Week virtuelle à Paris


Paris – C’est une première : les étudiants de l’Institut
français de la mode lancent lundi la semaine du prêt-à-porter femme à Paris,
de nouveau virtuelle, toujours plus chamboulée par la pandémie de Covid-19 et
désertée par plusieurs poids lourds.

Vêtements, chaussures, accessoires ou images: une quarantaine de jeunes
designers de nationalités différentes présenteront leurs créations dans un
film qui ouvrira dans la soirée la Fashion Week, qui se prolongera jusqu’au 10
mars.

Une façon pour la Fédération de la mode de soutenir la jeune création
particulièrement touchée par la crise sanitaire qui affecte le milieu de la
mode.
“Nous voulons faire en sorte que la mode reste vivante et donner un maximum
de chance aux jeunes designers”, explique à l’AFP l’un d’eux, Clément Picot.
Entrer dans la cour des grands avec une vidéo, format auquel sont
contraintes toutes les marques faute de défilés physiques, ne le dérange pas.
“C’est une vidéo que je pourrai regarder toute ma vie, c’est limite plus
personnel”, souligne-t-il.

“Un défilé virtuel, cela permet de créer quelque chose de nouveau et au
final ce n’est pas comme si on n’avait pas d’audience, c’est juste un autre
rapport avec l’audience”, soutient Lucie Favreau, également en master de l’art
à l’IFM.

Alors que les grandes marques boudent de plus en plus le calendrier
officiel depuis le début de la pandémie, certaines petites rêvent de
l’intégrer, à l’instar du créateur Viktor Weinsanto dont la présentation va
clôturer la première journée de la Fashion Week.
“C’est un signe de crédibilité auprès des professionnels, un encouragement,
un soutien moral”, explique-t-il lundi à l’AFP lors d’une preview.

Changements “radicaux”

Cette Paris Fashion Week, quatrième depuis le début de l’épidémie du Covid
il y a un an, est plus désorganisée que jamais.
Dior et Louis Vuitton, maisons appartenant au groupe du luxe LVMH, ont dû
changer à la dernière minute les dates de la diffusion de leurs présentations,
tandis qu’aucune maison de la holding rivale Kering (Saint Laurent,
Balenciaga…) n’est sur le calendrier.

Saint Laurent a été le premier à s’être rebellé contre la frénésie des
Fashion Weeks, son créateur belge Anthony Vaccarello ayant annoncé pendant le
premier confinement au printemps dernier son retrait du calendrier officiel.
D’autres n’ont pas fait d’annonces officielles mais présentent de plus en
plus les collections à leur rythme.

Tel Hedi Slimane, directeur artistique de (LVMH) qui a dévoilé sa
collection homme début février, en dehors des Fashion Weeks dans une
impressionnante vidéo montrant ses chevaliers modernes en blousons de cuir
défiler sur les remparts du château de Chambord, sur la Loire.
“Tout est remis en question, la taille des collections, la livraison, la
façon de présenter”, déclare à l’AFP Kris Van Assche, créateur belge de la
maison historique française Berluti (LVMH).

Sa collection n’a pas été présentée lors de la semaine du prêt-à-porter
homme numérique en janvier à Paris, mais va l’être à Shanghaï en avril.
“Je me suis retrouvé avec des usines fermées (…) Mon métier a beaucoup
changé. Le principal talent qu’il faut cocher sur un CV, c’est la flexibilité,
la capacité de s’adapter à l’imprévu”, souligne le styliste qui n’a jamais
connu de changements aussi “radicaux” en 20 ans de carrière.

Selon lui, avec la numérisation de la mode et l’impossibilité de toucher
les vêtements et de les voir de près, le luxe “perdra la bataille”.
“La différence avec la +mass market+ va disparaître parce qu’en vidéo, on
peut tricher”, conclut-il. (AFP)

Crédit : IFM



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