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Les masques, source d’inspiration pour des créateurs de mode


De gauche à droite et de haut en bas, masque homologué 3 couches en polyester et coton, Masques Direct. Masque en lin et coton orné d’une fleur en veau velours, Natan. Masque fantaisie Iconic, en maille stretch, XULY.Bët. Masque en coton, Antomn par Michèle Meunier Chatenet. Masque en coton tie and dye recyclé, Mirco Gaspari.
De gauche à droite et de haut en bas, masque homologué 3 couches en polyester et coton, Masques Direct. Masque en lin et coton orné d’une fleur en veau velours, Natan. Masque fantaisie Iconic, en maille stretch, XULY.Bët. Masque en coton, Antomn par Michèle Meunier Chatenet. Masque en coton tie and dye recyclé, Mirco Gaspari. Charly Gosp pour M Le magazine du Monde. Stylisme: Laëtitia Leporcq

Petit à petit, son appartement parisien s’est mis à ressembler à un atelier. Michèle Meunier Chatenet a depuis toujours acheté des tissus. Qu’ils soient neufs ou vintage, qu’ils viennent du Japon ou du marché Saint-Pierre, à Montmartre. Elle les a au fil du temps rangés, classés, par provenance mais aussi par motifs. Au tout début du confinement, la styliste, qui a cofondé, à la fin des années 1980 et 1990, les marques de mode Mariot Chanet puis E2 avec son ex-mari, Olivier Chatenet, et a aussi travaillé pour Hermès ou pour Comme des garçons, a naturellement ouvert ses tiroirs et mis en marche sa machine à coudre.

« J’ai trouvé un tuto très bien fait, en espagnol. Le patron de base est relativement simple. Puis, sur Twitter, la vidéo postée par une soignante sur la bonne utilisation d’un masque m’a amenée à modifier mes longs élastiques en tours d’oreilles. » Au début, Michèle Meunier Chatenet fabrique et donne ses masques aux gens qu’elle connaît, anciennes rédactrices de mode de grands magazines féminins, ex-directrices de la communication de maisons de luxe…

La pression monte

Elle place les motifs au millimètre, coordonne les tissus intérieur et extérieur qu’elle thermocolle pour donner de la tenue à l’ensemble. La couture centrale n’étant pas idéale contre la propagation du virus, elle s’attelle à un travail minutieux pour réduire l’espace au minimum : 5 points par centimètre, au lieu de 1 ou 2 dans la confection standard.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Je ne supporte pas de respirer ma propre respiration » : de la difficulté de porter des masques en société

Devant tant de soin et de goût, ses followers sur Instagram ­s’enthousiasment et repostent. Très vite, la pression monte. « Tout s’est emballé et le phénomène m’a dépassée, explique-t-elle. J’ai assez mal vécu les demandes impératives de parfaits inconnus qui m’écrivaient : “J’adore. Il me le faut !” J’ai eu du mal à dire non, mais je ne me sentais pas à l’aise face à ces injonctions. » A ceux qui s’enquièrent d’un tarif, elle propose au départ de faire un don. Mais après avoir passé des journées entières et des nuits trop courtes (il lui faut deux heures pour fabriquer un masque) pour honorer les commandes, elle arrête la gratuité. Fixe un prix de 35 euros l’unité et reverse elle-même 5 euros à la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France.

Des chutes de tissus recyclées

Les initiatives comme celle-ci pullulent depuis quelques semaines : de Chantelle à Benoît Missolin, de XULY.Bët à Côme Editions, d’Amrose à Maison Père, du Mont St Michel à Natan ou De Bonne Facture. Nombre de ces marques font même d’une pierre trois coups en recyclant leurs chutes de tissus pour confectionner des modèles jolis, utiles et durables. Des rayures, du Liberty, du wax, des pois, des unis, des broderies, du crochet, du coton, du polyester, de la maille, du jacquard…

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