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Les salariés d’André en grève pour la survie de l’enseigne centenaire


Paris – Des salariés d’André, en redressement
judiciaire, ont manifesté mardi à l’appel de l’intersyndicale CGT-FO-CFDT
devant des magasins du groupe à Paris Saint-Lazare et Lille pour la survie
de
l’enseigne centenaire, a constaté l’AFP.

André : 10 millions de pertes

“André existe depuis 120 ans, Spartoo nous a tué en 18 mois”
proclamait une
pancarte sur la vitrine du magasin proche du boulevard Haussmann à Paris.
Acheté en 2018 par le site de vente en ligne Spartoo à Vivarte, André a
réalisé en 2019 un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros mais essuyé 10
millions de pertes. L’enseigne avait déposé le bilan le 23 mars.

Les salariés qui manifestaient mardi à Paris dénoncent une gestion
“calamiteuse”, avec des magasins mal approvisionnés et des vendeurs en
nombre
insuffisant. “Servir des centaines de clients à deux vendeuses, c’est
impossible”, dénonce Marie Cédile, vendeuse au centre commercial de Carré
Sénart, situé à cheval sur la Seine-et-Marne et l’Essonne.
Cette déléguée CGT de 54 ans a fait toute sa carrière chez André, comme
beaucoup de salariés de l’entreprise qualifiée de “familiale” par ses
employés. “J’aurais 20 ans, je dis pas, mais à 54 ans ça va être compliquer
de
se recaser”, soupire-t-elle.

Pour Yves Veyrier, secrétaire général de FO, présent à la
manifestation,
“André a valeur de symbole, il n’est pas admissible que des entreprises qui
ont bénéficié d’aides publiques utilisent la crise sanitaire pour des
opérations financières qui profitent aux actionnaires”.

François Feijoo, qui a dirigé André lorsque l’enseigne faisait encore
partie du groupe Vivarte de 2005 à 2013, est candidat à la reprise. Il doit
déposer une offre pour reprendre 47 magasins sur environ 180 points de
vente,
soit 220 salariés sur quelque 400, selon Christophe Martin, délégué central
CGT.
M. Feijoo défendra son projet le 1er juillet lors d’une audience devant
le
tribunal de commerce de Grenoble, où se trouve le siège de Spartoo, avant
une
décision finale attendue le 24 juillet.
“Il connaît le métier, il est passé par San Marina, Minelli, Eram, c’est
notre seule porte de sortie”, estime Eric Martinez, directeur régional chez
André et secrétaire CGT du CSE du siège.

A Lille, une vingtaine de salariés se sont rassemblés devant le
magasin du
centre-ville, situé devant la gare. “Spartoo a promis, Spartoo a menti”,
pouvait-on lire sur les vitrines et une banderole déroulée devant l’entrée.
Selon Jessica, déléguée CGT, “quasi tous” les magasins de la métropole
lilloise sont en grève aujourd’hui.
Elle espère un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi) “convenable”, et que
“la parole donnée par Spartoo lors du rachat soit respectée”.
Le site en ligne s’était alors engagé à déposer un PSE avec des
indemnités
supérieures au minimum légal s’il restructurait l’enseigne dans les deux
ans,
rappelle l’avocat du CSE, Me Marlone Zard, présent à la manifestation
parisienne.

Les syndicats appellent également à une grève reconductible le 15
juillet,
jour de démarrage des soldes.(AFP)

Crédit : André Facebook



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