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L’Espagnol Alled-Martinez, roi du jean tricoté, à la conquête de Paris


Paris – Adolescent, Archie Alled-Martinez était obsédé
par les jeans Dior par Hedi Slimane dont il avait 25 paires. Le créateur
barcelonais, roi du denim tricoté et adepte du genre neutre, a débuté
dimanche
à la Fashion week masculine de Paris.

Peu connu du grand public, le styliste de 29 ans diplômé du prestigieux
Central Saint Martins à Londres est pourtant dans les radars de la mode
depuis
deux ans.

Le géant du luxe LVMH l’a distingué en 2018, Givenchy l’a embauché pour un
an et aujourd’hui, il a intégré le calendrier officiel de la semaine du
prêt-à-porter homme à Paris avec sa propre marque Alled-Martinez.
Il a bénéficié d’un coup de projecteur, indispensable à chaque créateur,
grâce à un ensemble de chemise et jean pailleté en maille – sa marque de
fabrique – porté par le musicien britannique Harry Styles lors du dernier
Jingle Bell Ball de Londres.

Grâce à ce look “résolument audacieux”, le styliste devient “un phénomène,
du jour au lendemain”, écrit le magazine Vogue qui l’avait rencontré après
cette collaboration.
“Un jean pourra paraître banal au premier coup d’oeil, mais devient un
objet unique lorsqu’on s’aperçoit qu’il est tricoté. C’est alors qu’opère le
coup de foudre, droit au coeur”, a expliqué le styliste.

Londres “ne te comprendra pas”

“J’ai une passion innée pour la mode”, raconte le créateur à l’AFP. Quand
il arrive à 19 ans au Saint Martins, ses collègues lui racontent ce que
leurs
grands-mères leur ont appris.

“Ce n’était pas mon cas. Ils m’ont mis devant une machine à tricoter. Je
me
suis dit ‘qu’est-ce que c’est?’ Cela a réveillé mon côté geek”.
“Ce qui m’a attiré, c’est cette aiguille qui saisit le fil, tire en
arrière
et fait un nœud. Elle va si vite qu’on peut faire des mètres et des mètres”,
raconte-t-il, toujours fasciné par cette mécanique.
Ses huit années dans la capitale britannique se sont terminées par un
conseil prophétique de son directeur des études: “Allez à Paris, ils ne vous
comprendront pas ici”.

Aussitôt dit, aussitôt fait.
“Paris me convient mieux, avec un vrai vêtement chic qui n’essaye pas
d’attirer l’attention. Londres recherche plus d’innovation, sacrifiant
souvent
la beauté”, assure le styliste qui se distingue par les coupes sobres sans
fioritures, ni exagérations, dans l’esprit seventies.
Cette vision pragmatique de la mode vient de sa perception en tant que
consommateur.

Ambisexualité

“Dès mon plus jeune âge, j’ai eu une dévotion absolue pour les vêtements.
Et quand j’ai découvert Slimane, ma première idole, c’est devenu une
obsession. J’en suis venu à avoir 25 paires de jeans Dior”.
Roi des coupes acérées, Hedi Slimane, actuellement créateur de Celine, a
révolutionné le vestiaire masculin lorsqu’il était en charge des collections
homme chez Dior et Saint Laurent. Karl Lagerfeld avait perdu 40 kg pour
pouvoir porter ses costumes étriqués.

Tout comme son idole, Archie Alled-Martinez promeut l’esthétique
ambisexuelle. “La fin de la séparation des genres est indéniable, au moins
pour les jeunes générations”, dit-il.
Et comme son compatriote Palomo Spain, qui défile à la Fashion Week
masculine à Paris depuis 2018, il compte plus de femmes que d’hommes parmi
ses
clients.

Comme les autres créateurs, il n’a présenté qu’une poignée de looks dont
une chemise qui fait écho à celle de Harry Styles pour cette Fashion week
parisienne entièrement numérique, une première, pour cause de crise
sanitaire.

Cette collection n’est qu’un prélude à ce qui arrivera dans le calendrier
de janvier, souligne-t-il en espérant pouvoir défiler pour de vrai en hiver
prochain.(AFP)

Crédit : Pau BARRENA / AFP



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